Sam Bankman-Fried a déposé lundi 8 juin une demande formelle de grâce présidentielle auprès du Bureau de l’Attorney du Pardon. Le fondateur de FTX, condamné à 25 ans de prison pour fraude et conspiration, place officiellement son dossier dans les mains de Donald Trump. La démarche intervient malgré un signal clair du président qui, en janvier 2026, avait écarté l’idée d’une clémence pour l’ancien dirigeant crypto. La procédure est désormais listée comme « pending » dans les registres du Department of Justice.
Pour résumer
- SBF a déposé sa pétition de clémence le 8 juin, désormais en examen au Pardon Attorney
- Il purge une peine de 25 ans pour la fraude FTX et le trou de 8 milliards de dollars
- Trump avait pourtant déclaré en janvier que SBF « ne devait pas compter » sur une grâce
Une démarche formelle après des mois de signaux contradictoires
La pétition est apparue lundi 8 juin dans les registres du Department of Justice. Le dossier est officiellement « pending » auprès du Office of the Pardon Attorney, l’organe qui instruit les demandes de clémence avant transmission à la Maison Blanche. Les détails du dossier ne sont pas publics, mais la procédure est désormais lancée.
Sam Bankman-Fried purge depuis 2024 une peine de 25 ans de prison après sa condamnation pour fraude et conspiration. La justice américaine avait retenu l’orchestration d’un schéma frauduleux ayant conduit à l’effondrement de FTX en novembre 2022, avec un trou de 8 milliards de dollars dans les comptes des clients.
Le dépôt de la demande coïncide avec la procédure d’appel que SBF poursuit en parallèle. Les deux pistes sont indépendantes mais peuvent se renforcer : un succès en appel réduit le besoin d’une grâce, tandis qu’une grâce rend l’appel sans objet. Le calendrier suggère que la défense joue désormais sur tous les tableaux disponibles.
Interrogé par FOX Business sur son envie d’obtenir une grâce, SBF avait répondu sans détour : « Absolument. Ce sera évidemment, vous savez, au président de décider, pas à moi. » La déclaration sonne comme une autorisation publique de la démarche officielle déposée cette semaine.
Trump a déjà fermé une porte qu’il pourrait rouvrir
Dans une interview au New York Times publiée en janvier 2026, Donald Trump avait pris position contre une clémence pour SBF. Le président avait alors déclaré que l’ancien dirigeant de FTX « ne devait pas compter » sur une grâce, le rangeant parmi les profils qu’il n’avait pas l’intention de gracier. Pour mémoire, à lire aussi sur Cryptonomic : ETF spot Bitcoin : retour au niveau pré-Trump.
Ce positionnement n’a pas empêché la famille Bankman-Fried d’explorer le terrain. Les parents de SBF, tous deux professeurs de droit à Stanford, ont multiplié les contacts informels avec l’entourage de Trump pour sonder la possibilité d’une clémence. La pétition officielle est l’aboutissement d’un travail souterrain de plusieurs mois.
SBF lui-même a opéré un alignement public spectaculaire avec Trump ces derniers mois. Il a soutenu les frappes contre l’Iran, applaudi la nomination de la nouvelle direction de la SEC et même validé la stratégie du président sur les prix de l’essence. La séquence ressemble à une opération de communication ciblée vers un seul décideur.
Le précédent crypto joue par ailleurs en sa faveur sur le plan symbolique. Trump a déjà gracié Ross Ulbricht, Changpeng Zhao et les co-fondateurs de BitMEX, autant de personnalités crypto qui purgeaient ou avaient purgé des peines fédérales. La logique présidentielle existe, reste à savoir si SBF en bénéficiera.
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Pourquoi ce dossier compte pour l’écosystème crypto
À court terme, la nouvelle ne modifie pas l’état du marché. FTX est en liquidation depuis trois ans, et les actifs des créanciers sont gérés indépendamment du sort pénal de SBF. Aucun token, aucune plateforme active aujourd’hui n’est directement exposé au verdict présidentiel. L’impact reste donc symbolique sur les prix.
L’enjeu se situe ailleurs. La séquence des grâces crypto de Trump dessine une politique de plus en plus lisible : une administration ouverte aux dirigeants ayant enfreint la loi tant qu’ils incarnent la frontière de l’innovation. Une grâce de SBF étendrait ce signal jusqu’à un cas de fraude pure, ce qui poserait une question de fond aux régulateurs étrangers et aux investisseurs institutionnels.
Sur trois à six mois, deux variables seront déterminantes. La première est le calendrier du Pardon Attorney, qui peut laisser le dossier en instance pendant des années avant tout avis. La seconde est l’évolution des relations entre Trump et l’industrie crypto, qui pèse aujourd’hui plus lourd à Washington que sous l’administration précédente.
Pour les investisseurs, le vrai signal à suivre n’est pas la grâce elle-même mais ce qu’elle dirait du rapport de force entre la régulation et la sphère crypto. Une issue favorable à SBF marquerait un sommet d’alignement politique, avec des conséquences sur la confiance des contreparties bancaires et sur l’interprétation des règles existantes par les régulateurs. Un refus ferme refermerait au contraire la fenêtre symbolique ouverte par les grâces précédentes.
Affaire à suivre sur Cryptonomic.



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