Le token UNI de Uniswap grimpe de 12 % sur 24 heures et s’échange à 2,92 dollars. Standard Chartered initie officiellement sa couverture du token avec un objectif de 6,50 dollars fin 2026 puis 100 dollars d’ici 2030. La banque britannique parie sur une multiplication par 37 des actifs tokenisés actifs en DeFi d’ici la fin de la décennie.
Pour résumer
- UNI gagne 12 % en 24 heures et passe à 2,92 dollars sur fond de couverture institutionnelle.
- Standard Chartered fixe deux paliers (6,50 dollars fin 2026 et 100 dollars fin 2030).
- Le fee switch active en 2025 brûle environ 1 % du supply UNI chaque année.
Un objectif 40x adossé à la thèse RWA
Standard Chartered devient la première grande banque à mettre un prix précis sur UNI. Le rapport de Geoffrey Kendrick fixe la cible à 100 dollars d’ici fin 2030, avec une étape intermédiaire à 6,50 dollars fin 2026. Par rapport au cours de 2,50 dollars retenu lors de la rédaction du rapport, le potentiel est d’environ 40 fois.
Le moteur principal du scénario tient en une projection chiffrée. Standard Chartered anticipe une multiplication par 37 de la valeur des actifs tokenisés actifs en DeFi entre aujourd’hui et fin 2030. Cette croissance suppose que la part des tokenisés utilisés dans la finance décentralisée passe de 3,5 % actuellement à 30 % en fin de décennie.
Pour le marché des actifs tokenisés au sens large, la banque tabler sur un saut de 340 milliards de dollars aujourd’hui à 4 000 milliards à l’horizon 2028. Uniswap est désigné comme l’un des bénéficiaires directs, parce que ses pools de liquidité hébergeraient environ 37 fois plus d’actifs disponibles pour le trading.
Cette thèse rejoint la dynamique observée sur d’autres altcoins majeurs ces dernières semaines, à l’image de la cassure haussière de Bittensor TAO début juin. Les capitaux institutionnels redessinent la hiérarchie altcoin en privilégiant les protocoles qui peuvent absorber des volumes de niveau institutionnel.
Le fee switch redonne du pouvoir au token
L’autre pilier du raisonnement Standard Chartered repose sur les mécaniques internes du token. Depuis l’activation du fee switch fin 2025, Uniswap brûle environ 1 % du supply UNI chaque année. Cette pression déflationniste change la trajectoire du token, qui était jusque là perçu comme une simple governance coin sans rendement.
Les chiffres de supply confirment l’effet. Le total est passé de 1 milliard à 895 millions de tokens, et la circulation s’établit désormais à 622 millions. La banque relie cette dynamique de rareté à la valorisation future du protocole sur le segment DEX.
Le timing du rapport coïncide avec une rotation des flux ETF crypto vers les altcoins. Les ETF Bitcoin ont perdu 64 millions de dollars lundi quand les ETF Ethereum captaient 22,5 millions et les véhicules Hyperliquid, XRP et Solana additionnaient plusieurs millions supplémentaires. UNI surperforme largement la moyenne, avec ses 12 % de hausse sur la séance.
Le marché lit ce signal comme une validation institutionnelle de la thèse DeFi-RWA, un récit qui peinait à séduire depuis le crash printanier. La couverture Standard Chartered ouvre potentiellement la porte à des notes similaires sur AAVE ou COMP dans les semaines qui viennent.
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Les risques d’exécution restent réels
Standard Chartered ne masque pas les fragilités du scénario. La banque identifie deux risques majeurs susceptibles de casser la trajectoire. D’abord, la concurrence des DEX plus petits qui pourraient construire de meilleurs produits sur des cas d’usage spécifiques, notamment sur les segments dérivés ou les blockchains monolithiques.
Ensuite, la captation du volume RWA tokenisé nécessite un effort de commercialisation que les protocoles DeFi natifs n’ont pas l’habitude de mener. Les partenariats avec les institutions financières traditionnelles deviennent la variable critique. Sans eux, le scénario 100 dollars devient inatteignable.
Au-delà de Standard Chartered, d’autres acteurs commencent à intégrer ces hypothèses dans leurs propres modèles. La thèse RWA est aujourd’hui partagée par BlackRock, Franklin Templeton et Circle, ce qui crédibilise la projection de 4 000 milliards de dollars en 2028. Reste à savoir quels protocoles capteront cette manne.
Pour les détenteurs de UNI, le pari de court terme se joue sur la capacité du token à maintenir le momentum au-delà de 3 dollars dans les prochaines séances. À moyen terme, c’est la santé du fee switch et la croissance des frais générés par Uniswap qui valideront ou invalideront la thèse Standard Chartered.
Affaire à suivre sur Cryptonomic.



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