Bitcoin chute : l’accord Iran-USA vacille au Liban

Bitcoin chute

L’accord Iran-USA a été signé électroniquement hier, sans cérémonie à Genève. Vingt-quatre heures plus tard, les frappes israéliennes sur le Liban continuent et Téhéran prévient qu’elles peuvent faire sauter le texte. Bitcoin chute sous 63 000 $ et 180 millions de dollars de positions longues ont été liquidés en une heure. Le marché vote pour le doute, pas pour la paix.

Pour résumer

  • L’accord Iran-USA a été signé à distance le 18 juin, sans la cérémonie de Genève prévue.
  • Le texte couvre le Liban, mais les frappes israéliennes y continuent et Téhéran qualifie chaque attaque de violation du mémorandum.
  • Bitcoin est repassé sous 63 000 $, 180 M$ de longs ont été liquidés en une heure, le pétrole a perdu 5 %.

Un accord signé en mode dégradé

La cérémonie était annoncée pour le 19 juin à Genève, avec le vice-président américain JD Vance. Elle n’a pas eu lieu. Les États-Unis et l’Iran ont finalement signé électroniquement un accord préliminaire le 18 juin, avec une signature définitive renvoyée à 60 jours.

Le contenu du mémorandum est ambitieux. Réouverture du détroit d’Ormuz sous 30 jours, déminé par l’Iran. Engagement iranien à ne pas développer d’armes nucléaires. Levée des sanctions américaines et déblocage des avoirs iraniens gelés. Une enveloppe de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et la réouverture des exportations pétrolières iraniennes.

Et un point qui pèse plus que les autres pour les marchés : le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, y compris pour le Liban. C’est la clause qui devait clore le front Hezbollah, en plus du front iranien.

Comme nous l’écrivions la semaine dernière, l’annonce de cet accord avait propulsé Bitcoin au-delà de 65 000 dollars. Cinq jours plus tard, le marché regarde la signature et n’y croit plus tout à fait. Le mode dégradé de la signature, sans poignée de main publique, a planté le décor.


Bitcoin chute

Le Liban, ligne de faille du mémorandum

Israël n’a pas arrêté ses frappes au moment de la signature. Le 17 juin, des drones israéliens ont visé Tyr et le district de Bint Jbeil. L’armée a aussi frappé Dahiyeh, banlieue sud de Beyrouth, en réponse à des tirs du Hezbollah vers le territoire israélien. Aucun de ces faits n’apparaît dans le calendrier officiel de l’accord. Tous compliquent son application.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a posé la limite noir sur blanc. Selon ses déclarations, toute attaque israélienne contre le Liban et toute occupation continue de territoire libanais seront traitées comme une violation du mémorandum. Téhéran n’attend pas une vague de bombardements. Une frappe suffit à activer la clause.

Le problème, pour le marché, est que cette clause est unilatérale. Israël n’est pas signataire de l’accord Iran-USA. Washington est censé garantir le calme côté Tel-Aviv, mais aucun mécanisme de contrôle n’est public. Si la chaîne se rompt, c’est Bitcoin qui encaisse en premier, parce que c’est le seul actif ouvert 24h/24.

Côté iranien, la position se durcit. Araghchi a martelé que tant que les forces israéliennes restent sur les territoires occupés pendant la guerre, le conflit n’est pas considéré comme clos. Le 60 jours de négociation sur le nucléaire, fenêtre prévue par le mémorandum, devient un compte à rebours à risque.


À voir également sur Cryptonomic :


Le marché crypto encaisse avant tout le monde

Bitcoin est repassé sous 63 000 dollars dans la nuit, après avoir touché brièvement les 65 000 $ la semaine dernière. La cassure du niveau a déclenché un effet domino classique. 180 millions de dollars de positions longues ont été liquidés en une heure, signe d’un effet de levier mal placé sur l’optimisme de l’accord.

Le pétrole accompagne le mouvement, mais à l’envers. Le baril a perdu 5 %, intégrant la perspective d’une réouverture d’Hormuz et d’une remise sur le marché des barils iraniens. Pour Bitcoin, c’est une mauvaise combinaison. Un pétrole moins cher allège la pression inflationniste, et donc l’argument du store of value en période de chaos énergétique se rabote.

L’autre signal qui inquiète les opérateurs vient de l’industrie elle-même. Selon JPMorgan, 20 % des mineurs Bitcoin sont actuellement en dessous de leur coût de production. Une pression baissière prolongée pousserait certains à vendre leur stock pour rester solvables. Le risque n’est pas systémique aujourd’hui. Il le deviendrait si le prix s’enfonce vers 60 000 $ et y reste.

À court terme, le marché va piloter à vue. Chaque communiqué iranien sur le Liban, chaque frappe israélienne supplémentaire, chaque déclaration de Vance ou de Trump fera bouger le carnet d’ordres. À moyen terme, la vraie question est ailleurs : le mémorandum signé le 18 juin survivra-t-il aux 60 jours prévus pour négocier le nucléaire ? Si le front libanais ne se calme pas, la réponse est non, et Bitcoin reprendra le chemin du stress géopolitique pur.

Affaire à suivre sur Cryptonomic.

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *