Solana vote pour détruire dix fois plus de jetons par jour

Solana vote sur ses destructions de jetons, forgeron jetant des pièces dans un four

Solana vote depuis dimanche sur la refonte de sa politique monétaire, et le scrutin se referme jeudi vers 15h30 UTC. Deux propositions réunies sous le paquet SGP-0003 feraient passer les destructions quotidiennes d’environ 650 jetons à 9 000 au maximum, tout en avançant de trois ans la date du plancher d’inflation. Le scrutin est pondéré par les jetons mis en jeu. Une troisième proposition ratifie une Constitution qui formalise ce mode de scrutin.

Pour résumer

  • SIMD-0553 brûle une part des frais de transaction au lieu de la verser aux opérateurs.
  • SIMD-0550 double le rythme de désinflation et avance le plancher de 2032 à 2029.
  • Le réseau émet toujours environ 60 000 jetons par jour, loin devant les destructions.

SIMD-0553 fait passer les destructions de 650 à 9 000 jetons

La première proposition réécrit la structure des frais. Le texte déposé par les développeurs du réseau scinde les 5 000 lamports facturés par signature en deux blocs : un frais d’inclusion fixe de 2 500 lamports qui revient intégralement à l’opérateur, et un frais de ressource calculé sur le coût réel de la transaction, brûlé à 100 %.

L’effet chiffré est net. Solana vote ici sur un passage des destructions quotidiennes d’environ 650 jetons à une fourchette de 7 500 à 9 000, selon l’activité. En valeur, le curseur bouge de quelques dizaines de milliers de dollars par jour à plusieurs centaines de milliers.

Le mécanisme corrige un déséquilibre ancien. Un utilisateur qui envoie une transaction très gourmande en calcul paie aujourd’hui le même tarif de base que celui qui envoie un transfert simple. Les transactions lourdes cessent d’être subventionnées par les autres, ce qui déplace une partie du coût vers les usages les plus intensifs. C’est une logique déjà éprouvée ailleurs, comme le mécanisme de destruction mis en place sur BNB.


Solana vote
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SIMD-0550 avance le plancher d’inflation de 2032 à 2029

La seconde proposition ne touche pas aux frais mais au calendrier d’émission. Le document double le taux de désinflation annuel, qui passe de 15 % à 30 %. Le plancher terminal de 1,5 % serait alors atteint en 2029 au lieu de 2032, soit un délai réduit d’environ 5,7 ans à 2,8 ans.

Le sujet n’est pas neuf. Une tentative antérieure, SIMD-228, avait échoué faute de quorum, et le texte soumis cette semaine reprend une proposition déjà déposée sous un autre numéro. Si Solana vote à nouveau dessus, c’est que l’outillage de gouvernance est désormais opérationnel.

Le contexte de marché pèse aussi sur le calendrier. Le jeton a pris 8 % sur la seule journée de mardi, dans le sillage de la hausse générale, alors qu’il était tombé à 64 $ fin juin après une baisse de 75 %. Un débat sur la rareté se tient rarement dans de meilleures conditions.

Le soutien est concentré. La phase préalable a franchi le seuil des 15 % du stake, avec Helius qui représente à lui seul près des deux tiers des jetons engagés, aux côtés de Jupiter et de Drift. Un scrutin pondéré par le stake donne mécaniquement le dernier mot aux plus gros opérateurs.


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Les 60 000 jetons émis chaque jour restent hors du vote

Le point laissé dans l’ombre tient en un chiffre. Le réseau émet environ 60 000 jetons par jour. Même au plafond de la fourchette, les destructions atteindraient 9 000, soit moins d’un septième de l’émission.

L’offre continue donc de croître. Le vote ralentit la dilution sans l’inverser, ce qui distingue la trajectoire de celle d’un actif réellement déflationniste. La comparaison utile se trouve du côté d’Ethereum et de sa propre politique monétaire, où le passage en offre décroissante dépend directement du niveau d’activité.

À court terme, la variable à surveiller est le revenu des opérateurs. Une part des frais qui partait dans leur poche est désormais brûlée, ce qui rogne directement leur rémunération. Solana vote donc sur un arbitrage entre rareté du jeton et viabilité économique de ceux qui font tourner le réseau.

Sur trois à six mois, l’enjeu réel se joue sur l’activité. Les destructions étant indexées sur la consommation de ressources, elles ne montent que si le réseau est réellement utilisé. Un vote favorable jeudi crée le mécanisme, il ne garantit pas le volume qui le rendra significatif.

Affaire à suivre sur Cryptonomic.

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