Blockstream récupère 3 400 bitcoins volés sur Liquid

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Sur les 4 000 bitcoins volés à la sidechain Liquid, l’auteur du retrait en a rendu 3 400, soit 85 % du butin, après avoir exigé que Blockstream corrige d’abord la faille. Il conserve 598,5 bitcoins, l’équivalent de 47,3 M$. Toute la négociation s’est déroulée en public, par messages inscrits dans la blockchain Bitcoin et signés cryptographiquement. Le réseau reste à l’arrêt.

Pour résumer

  • 3 400 bitcoins rendus sur les 4 000 retirés, 598,5 conservés soit 47,3 M$
  • L’attaquant a exigé le correctif avant de restituer, Blockstream a répondu par message signé PGP
  • La cause est un bug du logiciel Elements, aucune clé d’autorisation n’a été compromise

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ChatGPT

3 400 bitcoins revenus, 598 encore dehors

Dimanche, environ 4 000 bitcoins volés quittaient le portefeuille de la fédération Liquid, soit près de 320 M$ au cours du moment. Lundi, 3 400 d’entre eux étaient de retour. L’affaire s’est refermée en moins de quarante-huit heures.

Le solde des bitcoins volés reste dehors. L’auteur du retrait a conservé 598,5 unités, ce qui représente 47,3 M$, soit environ 15 % de ce qu’il avait pris. Rien dans ses messages n’indique ce qu’il compte en faire. Le déroulé de la perte initiale, quand Blockstream a vu partir 4 000 bitcoins de sa sidechain, laissait pourtant craindre une issue bien plus sèche.

La négociation elle-même mérite d’être racontée. Les deux parties ont communiqué par messages OP_RETURN inscrits directement dans des blocs Bitcoin, doublés de chiffrement PGP. Au bloc 965 875, l’auteur du retrait a posé sa condition : corriger le bug d’abord, et vérifier que chaque nœud avait bien reçu le correctif.

Blockstream a répondu par un message signé cryptographiquement confirmant que les nœuds de pont étaient sécurisés. Les 3 400 bitcoins sont partis au bloc 965 950, soixante-quinze blocs plus tard. La société dirigée par Adam Back a donc traité l’échange comme une procédure technique publique, vérifiable par n’importe qui, plutôt que comme une transaction privée dont personne n’aurait pu contrôler les termes. C’est la partie de l’histoire qui restera.


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Un bug dans Elements, pas une clé compromise

La cause technique change tout à la lecture de l’incident. La création non autorisée de bitcoins vient d’un bug dans le logiciel Elements, la base de code sur laquelle tourne Liquid. Aucune clé d’autorisation n’a été volée, et les systèmes de SideSwap n’ont pas été compromis. Le réflexe de coupure a suivi immédiatement, avec des nœuds de pont désactivés et les dépôts comme les retraits de L-BTC bloqués sur les plateformes. La séquence rappelle celle de début septembre, quand Crypto.com coupait sa propre blockchain après un vol de 75 M$.

Cette distinction est celle qui sépare un vol de clés d’un défaut de conception. Dans le premier cas, on révoque les accès et on repart. Dans le second, il faut auditer le code, patcher, puis convaincre l’ensemble des opérateurs que le correctif tient réellement.

Les failles d’infrastructure Bitcoin ont d’ailleurs occupé tout l’été. En août, une faille BTCPay Server vidait des nœuds Lightning, sur un mécanisme différent mais avec la même racine : du code largement déployé, peu audité en profondeur, et qui porte des montants réels.

Le point commun de ces incidents tient moins à la sophistication de l’attaque qu’à la surface exposée. Une base de code qui sécurise des centaines de millions de dollars ne bénéficie pas nécessairement d’un budget d’audit proportionnel à ce qu’elle porte, et l’écart se paie d’un coup. L’été l’a montré à répétition, jusqu’aux trois protocoles DeFi siphonnés de 35 M$ en six heures.


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Ce que la fédération doit prouver avant de redémarrer

Les bitcoins volés qui ne sont pas revenus posent une question simple aux détenteurs de L-BTC : le jeton est-il toujours adossé un pour un ? Avec 598,5 bitcoins manquants sur un portefeuille de fédération, la réponse dépend de qui absorbe le trou. Blockstream n’a rien communiqué là-dessus.

La restitution volontaire reste l’exception dans ce type d’affaire, et elle ne dit rien des motivations réelles de son auteur. Quand les fonds ne reviennent pas, il ne reste que la voie judiciaire, coûteuse et lente, pour un résultat qui n’a rien d’acquis.

Certaines victimes choisissent l’offensive judiciaire malgré le coût, à l’image de Bybit qui attaque la Corée du Nord en justice pour 1,5 Md$. Reste que dans le cas présent, l’auteur du retrait a rendu spontanément l’essentiel avant même qu’une procédure ne s’engage.

Sur trois à six mois, l’enjeu se déplace vers le modèle de sécurité des sidechains Bitcoin. Liquid repose sur une fédération d’opérateurs, un compromis assumé entre la souplesse fonctionnelle et la garantie du réseau principal. Un bug logiciel a suffi à créer des bitcoins inexistants, ce qu’aucune quantité de décentralisation des signataires n’aurait empêché. Les protocoles adossés à Bitcoin qui démarchent des dépôts institutionnels devront répondre à cette objection précise, et une restitution volontaire ne suffira pas à la refermer.

Affaire à suivre sur Cryptonomic.

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