Brian Armstrong vise Bitcoin à 400 000 $ d’ici 2030

Brian Armstrong plante un drapeau Coinbase sur une corniche sous un sommet inaccessible

Brian Armstrong a qualifié jeudi de cible raisonnable un Bitcoin à 400 000 $ d’ici 2030. Le directeur général de Coinbase s’exprimait alors que le BTC évoluait autour de 77 000 $. Il a ajouté que le creux du cycle en cours est selon lui déjà passé. La déclaration arrive un an après une projection publique bien plus haute, fixée à 1 M$ pour le même horizon.

Pour résumer

  • Brian Armstrong juge atteignable un Bitcoin entre 300 000 et 400 000 $ d’ici 2030.
  • Il avait avancé une cible de 1 M$ pour le même horizon en 2025.
  • Coinbase a supprimé 14 % de ses effectifs au printemps et perdu 359,5 M$ au deuxième trimestre.

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Brian Armstrong divise sa cible par deux et demi en un an

La formule employée mérite d’être reprise telle quelle. Interrogé sur son objectif de fin de décennie, Brian Armstrong a répondu qu’il considère cette cible comme raisonnable à l’horizon 2030. La fourchette qu’il évoque va de 300 000 à 400 000 $.

Le point de départ donne l’échelle de l’écart. Avec un BTC autour de 77 000 $ au moment de l’entretien, atteindre 400 000 $ en un peu plus de quatre ans suppose une progression annualisée voisine de 46 %. Ce n’est pas hors de portée dans l’histoire de l’actif, mais cela demande un cycle haussier complet.

Le déplacement par rapport à sa position précédente est l’information réelle. En 2025, Brian Armstrong publiait une projection de 1 M$ à la même échéance. Passer de 1 M$ à 400 000 $ revient à diviser la cible par deux et demi sans changer la date.

Le raisonnement avancé s’appuie sur trois leviers : les progrès réglementaires, la mécanique de cycle et l’approche du prochain halving. Aucun de ces trois n’est neuf, et la question du capital nécessaire pour relancer une jambe haussière reste entière, comme le montrait déjà le calcul du millier de milliards de dollars qu’il faudrait injecter pour faire repartir le cycle.

L’autre affirmation est plus engageante que la cible elle-même. Armstrong estime que le point bas du cycle en cours est derrière nous, et il situe à environ un an la durée de la phase baissière traversée. C’est une position datée, donc vérifiable.


Brian Armstrong
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Le halving de 2028 déplace moins d’offre que les précédents

Le prochain halving se situe à environ dix-huit mois. Il ramènera la récompense par bloc de 3,125 à 1,5625 BTC, ce qui fait passer l’émission annuelle théorique d’environ 164 000 à environ 82 000 bitcoins.

Brian Armstrong concède lui-même la limite de ce levier. La nouvelle émission ne représente plus que 0,8 % de l’offre existante, si bien que diviser ce flux par deux retire une quantité marginale de vendeurs structurels du marché. L’effet mécanique s’érode à chaque cycle.

Cette concession vaut plus que la prévision qui l’accompagne. Elle reconnaît que le récit du halving, longtemps central dans les projections de prix, a perdu la plus grande partie de sa force explicative. Les moteurs de la demande comptent désormais davantage que le rationnement de l’offre.

Reste que les projections chiffrées à cinq ans restent un exercice très inégal. La place accordée à ce genre d’objectif a de quoi surprendre quand on se rappelle la cible de 500 000 $ avancée par Atlas Capital, publiée elle aussi sans calendrier intermédiaire ni condition de validation.

Le cadre dans lequel Brian Armstrong a parlé compte également. Elle a été faite dans l’entretien donné à CNBC Squawk Box Asia le 10 septembre, un format court où la question portait directement sur le maintien ou non de l’objectif précédent.


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Un horizon 2030 pendant que l’exercice 2026 saigne

Le contraste entre la projection et les comptes est frappant. Coinbase a supprimé 14 % de ses effectifs au printemps 2026 et affiché une perte nette de 359,5 M$ au deuxième trimestre.

Cette trajectoire n’est pas une surprise pour qui suit le dossier. Le marché avait déjà sanctionné la publication trimestrielle quand l’action a reculé de 5 % après des revenus inférieurs aux attentes, et la structure de coûts de la plateforme reste indexée sur des volumes qui ne sont pas revenus.

Le calendrier choisi par Brian Armstrong n’est pas neutre non plus. Le Sénat américain tient le 15 septembre un vote de procédure sur le Clarity Act, et les marchés prédictifs n’accordent que 17 % de probabilité à une adoption en 2026. Une cible longue occupe le terrain médiatique pendant une semaine réglementaire incertaine.

La feuille de route produit suit la même logique d’élargissement. Coinbase développe des actions tokenisées avec versement automatisé des dividendes et un accès à des perpétuels crypto régulés, validés par la CFTC en mai. C’est la continuité de l’ambition affichée quand l’entreprise se présentait comme l’Apple de la finance mondiale.

Pour un détenteur, la conclusion pratique tient en une distinction. Une cible à 2030 énoncée par Brian Armstrong n’est pas une donnée de marché, c’est une communication d’entreprise. Les flux observables restent le seul repère utile à court terme, et les accumulations de baleines mesurées cet été en disent davantage sur l’état réel de la demande.

Affaire à suivre sur Cryptonomic.

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