Rodney Burton, 56 ans, plus connu sous le pseudonyme « Bitcoin Rodney », a plaidé coupable le 17 juin 2026 devant la cour fédérale de Baltimore pour son rôle dans HyperFund, un schéma frauduleux de 1,8 milliard de dollars. Il encourt jusqu’à cinq ans de prison et a empoché à titre personnel 7,8 millions de dollars sur l’opération. La condamnation sera prononcée le 23 juillet 2026 par le juge Richard D. Bennett.
Pour résumer
- Rodney Burton, alias « Bitcoin Rodney », plaide coupable dans le dossier HyperFund (1,8 Md$).
- Il reconnaît avoir opéré un service de transmission de fonds sans licence entre juin 2020 et janvier 2022.
- Peine encourue : cinq ans de prison, sentence rendue le 23 juillet 2026 à Baltimore.
Une plaidoirie à Baltimore qui clôt un dossier vieux de quatre ans
Le 17 juin 2026, Rodney Burton a reconnu sa culpabilité devant la U.S. District Court de Baltimore, présidée par le juge Richard D. Bennett. L’accusation retenue est claire : conspiration en vue d’opérer une entreprise de transmission de fonds sans licence. Une qualification technique, mais qui couvre l’ensemble du rôle joué par Burton dans la promotion et le routage des paiements de HyperFund.
La procureure adjointe Christina A. Hoffman a porté l’accusation. Selon le dossier, Burton n’était pas l’architecte du schéma mais l’un de ses principaux relais publics aux États-Unis, ce qui lui a valu un traitement séparé du procès des fondateurs.
La date de la sentence est fixée au 23 juillet 2026. La peine maximale est de cinq ans d’emprisonnement, et il est rare dans ce type de dossier que l’accord de plaidoirie débouche sur la peine plancher. Les commentaires sur la durée définitive resteront ouverts jusqu’à l’audience.
Pour les holders qui ont suivi le dossier depuis 2022, ce plaider coupable referme l’un des plus gros volets américains de la vague de pyramide crypto de la fin de cycle 2020-2021. La séquence rappelle l’avancée des dossiers fraude que Sam Bankman-Fried tente lui aussi de désamorcer en demandant une grâce à Trump.
HyperFund, ou la promesse impossible de 0,5 à 1 % par jour
HyperFund vendait à ses « membres » un rendement quotidien compris entre 0,5 et 1 %, présenté comme adossé à des opérations de minage qui n’ont jamais existé. La rémunération supposée provenait en réalité des nouveaux dépôts, structure classique de chaîne de Ponzi.
Le système a tenu tant que le flux entrant suffisait. En 2021, la plateforme a gelé les retraits, signal de fin que les premiers déposants ont identifié trop tard. Les fonds collectés au sommet n’ont jamais été restitués, et le DOJ a évoqué une opération de « wire fraud à grande échelle » visant des « investisseurs partout dans le monde ».
Burton n’a pas conçu le mécanisme. Son apport, central pour la croissance américaine du schéma, a été la mise en scène publique. Il a recruté des célébrités comme Jamie Foxx ou Rick Ross pour relayer sa notoriété, et organisé en 2021 une conférence crypto à Miami avec à l’affiche Draymond Green, Jordan Belfort, Akon et Tiffany Haddish.
Cette mécanique de validation par les célébrités est la signature des fraudes pyramidales les plus prolifiques de l’ère crypto. Elle a permis à HyperFund d’attirer des dépôts bien au delà du cercle des initiés, en exploitant la confiance générée par des visages connus du grand public.
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Ce que la chute de HyperFund change pour le marché
À court terme, l’effet sur les prix est nul. Aucun token associé à HyperFund n’est listé sur les exchanges majeurs, et le dossier ne représente pas un risque de vente forcée comparable à un hack on chain. Le signal est ailleurs : la fermeté affichée par le DOJ américain sur les schémas pyramidaux crypto en fin de cycle 2020-2021.
Sur trois à six mois, plusieurs dossiers similaires devraient connaître une accélération. Les procureurs fédéraux ont multiplié les conventions de plaidoyer pour clôturer rapidement la vague de fraudes héritée du dernier bull run, et concentrer les ressources sur les acteurs encore actifs. Pour les holders, cela signifie une visibilité accrue sur l’ardoise judiciaire qui pèse encore sur le secteur.
L’autre conséquence, moins visible, touche la responsabilité des relais grand public. La condamnation de Burton, focalisée sur son rôle de promoteur plutôt que d’opérateur, étend le périmètre de risque aux figures médiatiques qui prêtent leur image à des plateformes douteuses. Les fraudes futures auront plus de mal à recruter ce type d’ambassadeurs sans garde-fou contractuel sérieux.
Pour les investisseurs avertis, le rappel est simple : un rendement quotidien de 0,5 à 1 % adossé à du minage non vérifiable reste, en 2026, le marqueur le plus fiable d’une opération frauduleuse. Le marché a aussi vu cette semaine que Humanity Protocol a perdu 85 % sur un hack de clé à 32 M$, autre rappel que la prudence reste le seul filtre fiable face aux promesses excessives.
Affaire à suivre sur Cryptonomic.



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