Strategy a écoulé 1 638 bitcoins entre le 27 juillet et le 2 août pour lever 104,7 M$, presque entièrement fléchés vers ses dividendes et le rachat de son action préférentielle STRC. Le groupe de Michael Saylor a vendu à 63 957 $ l’unité, bien sous son coût moyen d’acquisition de 75 419 $. Sa trésorerie tombe à 842 138 BTC, mais reste de très loin le plus gros trésor corporate au monde. La vente rappelle que la doctrine du hold éternel s’arrête là où commencent les échéances financières.
Pour résumer
- Strategy a vendu 1 638 BTC à 63 957 $ pour 104,7 M$, sous son coût moyen de 75 419 $.
- Les fonds couvrent 52,4 M$ de dividendes STRC et 52,3 M$ de rachat de la même action.
- La trésorerie passe à 842 138 BTC, un peu plus de 4 % de l’offre totale de Bitcoin.
Une vente à perte pour tenir l’action préférentielle STRC
L’opération s’est étalée sur une semaine, du 27 juillet au 2 août, pour un total de 1 638 bitcoins cédés à un prix moyen de 63 957 $. Le produit brut atteint 104,7 M$, ce qui en fait la deuxième plus grosse vente de 2026 pour le groupe.
Le détail qui pique, c’est le prix. Strategy porte ses bitcoins à un coût moyen d’acquisition de 75 419 $. Vendre à 63 957 $ revient donc à encaisser une moins-value d’environ 11 500 $ par unité, un arbitrage que la société assume au nom de la gestion de son capital.
Ce n’est pas la première fois que la trésorerie sert de guichet. Le groupe avait déjà procédé au même mouvement quand MicroStrategy avait liquidé 216 M$ de bitcoin pour honorer ses dividendes. La mécanique se répète, en plus gros.
Après la vente, le bilan affiche 842 138 BTC pour un investissement cumulé de 63,51 Md$. Strategy reste le premier détenteur corporate de la planète, avec un trésor qui pèse toujours plus de 4 % de l’offre totale en circulation.
La mécanique du dividende qui force la main de Saylor
La ventilation des fonds raconte tout. Sur les 104,7 M$ levés, 52,4 M$ ont couvert le paiement des dividendes sur l’action préférentielle STRC, et 52,3 M$ ont servi à racheter cette même action sur le marché.
Autrement dit, la société vend l’actif qu’elle est censée accumuler pour financer les engagements pris envers ses porteurs de titres. Cet aller-retour permanent entre achat et vente n’est pas neuf : Strategy avait surpris le marché en rachetant 1 550 BTC juste après avoir cédé une poignée d’unités, preuve que la trésorerie se pilote au coup par coup.
Michael Saylor a tenu à cadrer le message. Son mantra du « Never Sell » vise ses avoirs personnels, pas les opérations de trésorerie de l’entreprise, une nuance qu’il a déjà dû défendre quand il a redéfini publiquement sa doctrine du hold éternel. La distinction est commode, mais elle acte que le trésor d’entreprise, lui, peut fondre quand la facture tombe.
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Ce que la vente change pour le plus gros trésor Bitcoin
À court terme, le marché n’a pas puni la manœuvre. L’action a même progressé après l’annonce, portée par des objectifs d’analystes qui laissent une marge de hausse confortable. La vente est lue comme un ajustement de trésorerie, pas comme un signal de capitulation.
Reste que la logique interroge sur la durée. Financer des dividendes en cédant du bitcoin sous son coût d’achat grignote la réserve, et le débat sur la solidité du modèle refait surface à chaque échéance, comme lorsque le marché s’est demandé si la réserve stratégique du groupe était en train de couler.
À moyen terme, Strategy conserve une position dominante que personne n’approche : 842 138 BTC, c’est un matelas colossal qui absorbe sans peine une vente de cette taille. La question n’est pas la survie du trésor, mais son sens.
La tension du dossier tient dans cette phrase simple : un véhicule bâti pour accumuler du bitcoin en vend désormais pour payer ses créanciers. Tant que le cours reste sous les 75 419 $ de coût moyen, chaque vente pour dividende se fait au prix d’une moins-value assumée, et transforme la promesse de long terme en exercice de trésorerie trimestriel.
Affaire à suivre sur Cryptonomic.


