Bitwise vient de se séparer d’environ 14 % de ses effectifs, ramenant la société autour de 155 salariés. Le gestionnaire d’actifs invoque un marché crypto qu’il chiffre lui-même en recul de 36 % sur le premier semestre. Son fonds indiciel phare a vu ses actifs nets fondre de 31 % en sept mois. La liste des sociétés crypto qui coupent commence à ressembler à un inventaire.
Pour résumer
- Bitwise passe d’environ 180 à environ 155 salariés, soit une coupe de 14 %.
- Les actifs nets du fonds BITW ont reculé de 31 % sur les sept premiers mois de 2026.
- Coinbase, BitGo, Polygon Labs et Luno ont déjà taillé dans leurs effectifs cette année.
De 180 à 155 salariés en une seule décision
La coupe porte sur environ 14 % des effectifs et ramène la société autour de 155 personnes, contre à peu près 180 avant l’annonce. C’est la première réduction de cette ampleur pour un gestionnaire qui avait grossi sans interruption depuis sa création.
Le directeur général Hunter Horsley défend l’opération comme un ajustement qui équipe correctement la société pour la croissance observée cette année. Il rappelle aussi que l’équipe restante demeure la plus large des huit ans d’histoire de la firme, ce qui est exact et n’enlève rien au fait que la courbe s’inverse pour la première fois.
Bitwise chiffre lui-même le recul du marché crypto à environ 36 % sur le premier semestre 2026. Pour un gestionnaire dont les revenus proviennent de commissions assises sur des encours, ce type de baisse se répercute directement sur le compte de résultat, sans le moindre décalage amortisseur.
C’est la mécanique de fond derrière l’annonce, et elle n’a rien de propre à Bitwise. Elle touche toute la couche des sociétés qui vivent d’encours plutôt que de volumes, dans un marché où les capitaux se sont redirigés vers l’IA et l’immobilier depuis le début de l’année.
Le fonds BITW a perdu 31 % de ses actifs nets en sept mois
Le Bitwise 10 Crypto Index Fund, le produit le plus visible de la maison, a vu ses actifs nets reculer de 31 % sur les sept premiers mois de 2026. Ce chiffre mélange deux effets : la baisse des cours des actifs détenus et les sorties de capitaux des investisseurs.
La distinction compte plus qu’il n’y paraît. Un fonds qui perd de la valeur parce que ses sous-jacents baissent retrouve mécaniquement ses encours quand le marché remonte. Un fonds qui perd des porteurs doit les reconquérir un par un, ce qui prend beaucoup plus longtemps et coûte beaucoup plus cher.
Les produits indiciels crypto ont connu des épisodes de sorties violentes cette année, y compris sur des sous-jacents qui tenaient bien, comme lorsque un seul ETF a encaissé 172 M$ de sorties en une semaine. La demande institutionnelle existe toujours, elle est simplement devenue nerveuse et beaucoup plus tactique.
Pour Bitwise, la coupe permet de tenir jusqu’au prochain cycle avec une structure de coûts allégée. Elle envoie aussi un signal clair aux allocataires : la maison ne parie plus sur un rebond rapide, elle se prépare à une année encore longue.
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Coinbase, BitGo et Polygon ont fait exactement le même calcul
Bitwise arrive tard dans une série déjà bien fournie. Coinbase a supprimé 14 % de ses employés en mai, en assumant un basculement vers des opérations pensées autour de l’IA. BitGo a réduit ses effectifs de 15 % en juin. Polygon Labs a lancé sa deuxième vague de l’année en juillet, au moment de boucler l’acquisition de Coinme et de repositionner l’activité sur les paiements. Luno a également coupé.
Les justifications avancées se ressemblent toutes : maîtrise des coûts, ou réallocation des moyens vers l’intelligence artificielle, les stablecoins, le trading et les paiements. Ce qui revient à dire que ces sociétés déplacent leurs ressources vers les segments qui génèrent encore des revenus, et les retirent de ceux qui n’en génèrent plus.
Le point commun de fond, c’est la durée. Un trimestre difficile se traverse sans toucher aux équipes. Six mois de repli imposent un arbitrage. Les diagnostics avancés par l’industrie sur les responsables de ce cycle vont de la concurrence de l’IA à la géopolitique, comme l’a résumé CZ en pointant aussi le cycle des quatre ans.
Pour l’investisseur, ces annonces valent moins comme drame social que comme indicateur avancé. Les sociétés d’infrastructure crypto voient les flux avant que les prix ne les reflètent, et elles ajustent leurs effectifs sur ce qu’elles anticipent, pas sur ce qu’elles constatent. Quand cinq acteurs coupent en quatre mois, le message porte sur la deuxième moitié de l’année.
Affaire à suivre sur Cryptonomic.


