Plus de 263 000 tokens Solana au format SPL ont été émis le 9 septembre, un record absolu pour le réseau. Le précédent pic, atteint en décembre 2024 au sommet du cycle memecoin, plafonnait entre 40 000 et 50 000 jetons par jour. Les launchpads n’expliquent qu’une part réduite du total, avec 40 360 émissions recensées. Pump.fun en signe 34 184 à lui seul.
Pour résumer
- 263 000 tokens Solana ont été créés le 9 septembre, contre 40 000 à 50 000 au pic de décembre 2024.
- Pump.fun représente 34 184 des 40 360 jetons passés par un launchpad, soit 85 % de ce canal.
- Le réseau a généré 5,09 M$ de revenus applicatifs ce jour-là, devant BSC à 3,3 M$.
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ChatGPTLes tokens Solana créés dépassent cinq fois le pic de 2024
Le chiffre brut vient des relevés publics de Solscan, qui compte les tokens Solana au format SPL créés sur la chaîne. Le 9 septembre, ce compteur a dépassé 263 000 émissions en vingt-quatre heures.
La comparaison historique donne la mesure du saut. Au plus fort de la vague memecoin de décembre 2024, le réseau enregistrait entre 40 000 et 50 000 créations quotidiennes. Le nouveau record représente donc environ cinq fois ce niveau.
Un rappel technique s’impose avant d’interpréter ce nombre. Créer des tokens Solana au format SPL coûte quelques fractions de dollar et ne demande aucune autorisation. Le compteur mesure donc une capacité d’émission, pas une demande.
C’est ce qui distingue ce record des indicateurs de marché habituels. Un volume d’échange suppose deux parties et un capital engagé. Une création de jeton ne suppose qu’une signature et des frais négligeables, ce qui rend le chiffre facile à gonfler.
L’écart avec décembre 2024 mérite pourtant d’être pris au sérieux. Multiplier par cinq le rythme d’émission d’un réseau en moins de deux ans traduit un changement d’usage, même si la nature de cet usage reste à qualifier.
Le paradoxe est là, d’ailleurs, et il vaut d’être posé clairement. Ce record tombe alors que l’activité memecoin est décrite comme refroidie depuis plusieurs trimestres. Le nombre de tokens Solana créés chaque jour a donc cessé d’évoluer comme les prix des jetons qu’il produit.
Ce que le compteur ne dit pas compte autant que ce qu’il affiche. Il n’indique ni combien de ces jetons ont trouvé un acheteur, ni combien ont dépassé quelques heures d’existence, ni quel capital a réellement été engagé derrière chacun d’eux.
La santé du parc de jetons existants relativise l’événement. Une mesure publiée cet été établissait que 7,1 % seulement des tokens lancés depuis 2024 se trouvent en profit, ce qui situe le sort probable de l’écrasante majorité de ces 263 000 nouveaux jetons.
La charge technique induite n’est pas anodine non plus. Chaque émission consomme de l’espace d’état sur la chaîne, et Solana a déjà montré sa sensibilité à ce type de pression quand le réseau a frôlé l’arrêt après la panne d’un hébergeur.
Sur les prochaines semaines, le point à surveiller n’est donc pas le record lui-même. C’est sa persistance. Un pic isolé se lit comme un incident statistique, une série de journées au-dessus de 200 000 émissions se lirait comme un régime nouveau.
Pump.fun domine les launchpads sans expliquer le total
La ventilation du chiffre est la partie la plus intéressante, et c’est aussi celle que les reprises rapides escamotent. Sur les 263 000 créations, les launchpads n’en représentent que 40 360 d’après les tableaux de bord de Blockworks.
À l’intérieur de ce sous-ensemble, Pump.fun écrase la concurrence avec 34 184 jetons, soit environ 85 % des émissions passées par un launchpad. La plateforme reste le point de passage dominant de la culture memecoin sur Solana.
Il faut tenir les deux nombres ensemble pour ne pas se tromper de lecture. Pump.fun domine son canal, mais ce canal ne pèse qu’environ 15 % des tokens Solana créés ce jour-là. Le reste échappe aux plateformes identifiées.
Les relevés disponibles ne détaillent pas l’origine des quelque 223 000 tokens Solana restants. Aucune source ne les attribue à un acteur nommé, et il serait imprudent de leur prêter une explication que les données ne portent pas.
Ce que l’on sait en revanche, c’est que le canal des launchpads reste économiquement le plus lourd. Pump.fun a généré environ 1,8 M$ de revenus sur vingt-quatre heures d’après DefiLlama, ce qui en fait le premier protocole natif de Solana par revenus quotidiens.
Sa contribution au réseau se mesure aussi sur longue période. La plateforme a représenté un tiers des revenus de Solana au premier trimestre 2026, soit 124 M$ sur 342 M$, et ce alors même que l’activité memecoin refroidissait.
Cette dépendance est un facteur de risque documenté pour le réseau. Le jeton de la plateforme avait déjà concentré l’attention lors de la vague de déblocages de juillet, où PUMP a libéré 20 % de son offre.
La position dominante n’est d’ailleurs plus acquise. Fomo, une application qui mêle trading et fonctionnalités sociales, a brièvement dépassé Pump.fun en revenus. C’est le premier signe sérieux qu’un autre format peut capter cette activité.
Ce dépassement, même bref, dit quelque chose du rapport de force. Un launchpad tire sa valeur de l’habitude qu’il installe, pas d’une barrière technique, et une interface concurrente qui ajoute une couche sociale peut déplacer cette habitude en quelques semaines.
L’enjeu pour le réseau est de savoir où atterrit la rente. Que la création de tokens Solana passe par une plateforme ou par une autre change peu de chose aux frais versés à la chaîne, mais change tout à la concentration du risque sur un seul acteur.
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Les revenus du réseau racontent autre chose que le compteur
Le même 9 septembre, Solana a produit 5,09 M$ de revenus applicatifs quotidiens. Ce montant place le réseau devant BSC et ses 3,3 M$, avec une avance d’environ 50 % sur ce critère précis.
Ce chiffre corrige la lecture qu’on serait tenté de tirer du seul compteur de jetons. Un réseau qui encaisse des revenus applicatifs réels ne se résume pas à une usine à memecoins, même quand un launchpad y occupe la première place.
La diversification est visible ailleurs dans l’écosystème. ProphetX a lancé sur Solana des marchés prédictifs encadrés par la CFTC, un produit régulé qui ne relève pas du tout du même registre que l’émission de jetons communautaires.
La politique monétaire du réseau évolue également dans ce sens. Les détenteurs avaient voté cet été pour détruire dix fois plus de jetons par jour, une décision qui vise l’inflation du SOL et reste sans rapport avec le nombre de tokens créés par des tiers.
La comparaison trimestrielle éclaire le rapport de forces. Sur 342 M$ de revenus encaissés par Solana au premier trimestre, un seul protocole en apportait 124 M$. Une application qui pèse un tiers des recettes d’une chaîne entière est à la fois son meilleur produit et son principal point de rupture, et ce ratio se maintenait alors même que l’activité memecoin ralentissait.
Il ne faut pas pour autant séparer les deux dynamiques. Les revenus applicatifs proviennent en grande partie de l’activité spéculative que ce compteur mesure, et un refroidissement de la seconde se répercuterait mécaniquement sur les premiers.
L’histoire récente montre à quelle vitesse cette activité peut s’emballer sur un événement extérieur. En août, une fuite autour de GTA 6 avait propulsé un jeton de 2 830 %, sans que rien dans le protocole concerné ne justifie un tel mouvement.
Pour un investisseur exposé au SOL, la conclusion pratique tient en une hiérarchie. Le compteur de tokens Solana est une mesure d’attention, les revenus applicatifs une mesure d’activité économique, et seule la seconde se transforme en valeur pour le réseau.
Sur trois à six mois, la question porte sur la dépendance. Si les revenus de Solana restent adossés pour un tiers à un unique launchpad, la trajectoire du réseau dépendra de la durée de vie d’une mode plutôt que de l’adoption de son infrastructure. Les données de ce mois de septembre laissent les deux hypothèses ouvertes.
Affaire à suivre sur Cryptonomic.


