Capital B vient d’annoncer l’achat de 192 bitcoins pour 13 millions d’euros, au prix moyen de 90 451 euros le bitcoin. La société française, anciennement connue sous le nom de The Blockchain Group avant son changement de marque en juillet 2025, détient désormais 3 135 BTC pour un total d’acquisition de 283,6 millions d’euros. Ce mouvement la propulse au 25e rang mondial parmi les entreprises cotées ayant adopté une stratégie de trésorerie Bitcoin.
Pour résumer
- Capital B acquiert 192 BTC pour 13 millions d’euros, portant sa réserve totale à 3 135 BTC (283,6 millions d’euros cumulés)
- Le financement repose sur trois sources : Adam Back via bons de souscription, TOBAM via contrat ATM, ABSA via placement privé
- La société française monte au 25e rang mondial des Bitcoin Treasury Companies cotées en bourse
Trois sources de financement pour un seul achat
Capital B a détaillé l’opération le 18 mai 2026 sur le réseau X. Trois canaux distincts ont été mobilisés simultanément pour financer les 192 BTC.
850 000 euros ont été levés via un contrat ATM avec TOBAM, gestionnaire d’actifs français spécialisé dans les fonds indiciels alternatifs. Un contrat ATM (At-The-Market) permet d’émettre des actions en continu sur le marché, au fil des besoins de financement. TOBAM n’est donc pas un investisseur ponctuel. C’est un partenaire structurel dont la relation avec Capital B s’inscrit dans la durée.
1,1 million d’euros provient de bons de souscription souscrits par Adam Back, PDG de Blockstream. Cryptographe britannique à l’origine du mécanisme Hashcash, qui a directement inspiré le proof-of-work de Bitcoin, Back est l’une des figures les plus respectées de l’ensemble de l’écosystème. Sa participation comme souscripteur direct apporte une légitimité que peu d’entreprises européennes peuvent se targuer d’afficher.
La troisième source constitue l’essentiel de l’opération. 15,2 millions d’euros ont été levés via un placement privé auprès d’ABSA. C’est ce montant qui a financé la grande majorité des 192 BTC acquis au cours de l’opération.
La logique derrière ce montage est claire. Capital B ne génère pas ses réserves Bitcoin à partir de son activité opérationnelle. Elle lève des capitaux de manière ciblée, les convertit immédiatement en BTC, et recommence. Chaque acquisition repose sur des investisseurs stratégiques dont l’engagement signale une conviction de long terme, pas un positionnement de marché à court terme.
La France s’installe dans le top 25 mondial
Avec 3 135 BTC et 283,6 millions d’euros d’acquisitions cumulées, Capital B occupe désormais la 25e place mondiale parmi les sociétés cotées ayant intégré Bitcoin comme actif de trésorerie. C’est la position la plus élevée jamais atteinte par l’entreprise depuis le lancement de sa stratégie d’accumulation.
Ce classement la place dans un segment de marché qui prend de l’ampleur. Les entreprises recensées sur ce créneau des Bitcoin Treasury Companies détiennent collectivement 1,3 million de BTC, soit environ 6% de l’offre totale disponible. Elles achètent en moyenne 1 400 BTC par jour, un rythme qui correspond aux volumes quotidiens absorbés par les ETF Bitcoin au comptant américains. En termes d’impact sur les marchés, les trésoreries d’entreprise pèsent autant que les ETF institutionnels.
Le contexte est celui d’une accélération globale. Les entreprises investissant en Bitcoin ont injecté 43,5 milliards de dollars en 2025, contre 31 milliards sur l’ensemble de 2024. La dynamique se poursuit en 2026. Sur l’ensemble des sociétés suivies, 22% du résultat net est alloué en moyenne au Bitcoin.
Capital B s’inscrit dans ce mouvement avec une particularité française. Comme nous l’analysions lors de l’évolution de la doctrine Bitcoin de Strategy et de l’abandon du Never Sell par Saylor, les modèles de trésorerie Bitcoin sont encore en train de définir leurs règles, et les entreprises qui accumulent maintenant façonnent les normes que les autres suivront. Capital B, à sa propre échelle, contribue à poser ces bases en Europe.
La société a commencé sa stratégie d’accumulation sous le nom de The Blockchain Group, avant de se rebaptiser Capital B en juillet 2025. Un changement de marque qui signale une identité assumée : l’entreprise n’est plus un acteur généraliste de la blockchain, c’est une structure dont la raison d’être est d’accumuler du Bitcoin.
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Ce que ça change à court et moyen terme
À court terme, 192 BTC ne déplacent pas les marchés. Sur des volumes quotidiens qui s’établissent en centaines de milliers de bitcoins échangés, l’opération de Capital B est marginale d’un point de vue mécanique. Ce n’est pas là que réside l’impact.
L’effet court terme est un effet de signal. Chaque annonce de ce type, en Europe, normalise le modèle de trésorerie Bitcoin auprès d’un public institutionnel qui observe encore le mouvement depuis la touche. Dans un contexte où le cadre MiCA impose désormais des règles claires sur les actifs numériques en Europe, une entreprise cotée qui accumule du Bitcoin de manière transparente et structurée devient un précédent que d’autres pourront invoquer face à leurs propres conseils d’administration.
À moyen terme, la question est de savoir si d’autres sociétés françaises vont s’engager sur ce chemin. Capital B n’est pas seule sur le segment en France, mais elle reste l’une des rares à afficher un rang mondial aussi élevé. Si son modèle continue de prouver sa viabilité, notamment en maintenant son accès aux financements dans des conditions de marché difficiles, il pourrait servir de modèle pour d’autres entreprises européennes cherchant à diversifier leurs actifs de trésorerie.
La prochaine étape pour Capital B sera de confirmer que ce rythme d’accumulation tient dans la durée. Jusqu’ici, chaque opération a trouvé ses investisseurs. La vraie question est de savoir si ce sera encore le cas si Bitcoin continue de corriger ou si les conditions de financement se durcissent en Europe.
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