CryptoQuant attend de ce cycle haussier une progression de trois à cinq fois, et non un nouveau rallye parabolique au-delà de dix fois. Ki Young Ju, le dirigeant de la plateforme d’analyse on-chain, a exposé cette lecture mardi alors que BTC s’échangeait à 86 454 $, en hausse de 14 % sur sept jours. Il attend aussi un marché baissier plus doux à la sortie. La raison avancée tient à la structure même du marché.
Pour résumer
- CryptoQuant vise trois à cinq fois le creux du cycle.
- Depuis le plus bas de juin autour de 58 000 $, la fourchette va de 174 000 $ à 290 000 $.
- Le MVRV n’est jamais repassé sous 1,0 sur ce cycle.
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ChatGPTCe que CryptoQuant chiffre derrière le multiple
Le point de départ du calcul est le creux de juin 2026, autour de 58 000 $. Appliqué à ce niveau, un multiple de trois donne 174 000 $, un multiple de quatre 232 000 $, et un multiple de cinq 290 000 $. La fourchette reste large, mais elle reste bornée.
C’est cette borne haute qui distingue la position de CryptoQuant des prévisions habituelles. Le marché a l’habitude d’objectifs bien plus agressifs, comme lorsque Bitcoin était visé à 500 000 $ par Atlas Capital. Ici, le raisonnement plafonne volontairement.
Ki Young Ju a détaillé sa position dans un message publié sur son compte X mardi. Il y oppose deux régimes de marché successifs plutôt que deux niveaux de prix.
Le premier régime est celui d’un marché petit, dominé par le détail, où l’argent chaud produisait des rallyes explosifs suivis de chutes de 80 %. Le second régime amortit les deux extrêmes, à la hausse comme à la baisse, parce que la taille du marché et la part institutionnelle ont changé.
La conséquence est symétrique et c’est ce qui rend la lecture CryptoQuant intéressante. Un investisseur qui accepte un plafond plus bas achète en échange un plancher plus haut. Le prix de cette modération, c’est l’abandon du scénario de rattrapage spectaculaire.
Les indicateurs on-chain qui portent cette lecture
Le premier signal avancé par CryptoQuant est le MVRV, qui compare la capitalisation de marché à la capitalisation réalisée. Sur ce cycle, il n’est jamais repassé sous 1,0. Historiquement, ce seuil marquait les phases où la moyenne des détenteurs se retrouvait en perte latente.
Le deuxième signal est la capitalisation réalisée elle-même, qui continue de monter. Cet indicateur valorise chaque bitcoin au prix auquel il a bougé pour la dernière fois sur la chaîne. Sa progression signifie que du capital neuf entre réellement, au lieu que les mêmes pièces changent de mains à des prix plus élevés.
Le troisième porte sur les gros portefeuilles. Les baleines historiques ont cessé leurs ventes massives, un comportement qui tranche avec les cycles précédents où elles distribuaient au détail. Le phénomène rejoint ce que montrait déjà l’accumulation qui a porté 90 portefeuilles au-dessus de 10 000 BTC.
Le quatrième indicateur cité par CryptoQuant est la moyenne à 365 jours de son indice de gains et pertes, qui commence à changer de direction. Un retournement de moyenne longue arrive tard, par construction, mais il se retourne rarement pour rien.
Aucun de ces quatre indicateurs ne mesure une intention. Ils enregistrent des mouvements de pièces sur la chaîne, ce qui les rend difficiles à maquiller mais aussi muets sur ce qui vient ensuite. Un portefeuille qui cesse de vendre peut reprendre ses ventes le lendemain sans prévenir personne.
Ces quatre signaux décrivent la même chose vue sous quatre angles. Le capital qui entre aujourd’hui vient d’acteurs qui ne vendent pas au premier repli de 20 %, et cette base d’acheteurs modifie mécaniquement l’amplitude des mouvements.
La thèse du capital manquant avait d’ailleurs été posée dans l’autre sens cet été, quand il apparaissait que le cycle Bitcoin avait besoin de 1 000 Md$ pour repartir. CryptoQuant décrit aujourd’hui l’arrivée partielle de ce capital.
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Ce que vaut une prévision de ce type pour un portefeuille
Un multiple appliqué à un creux reste une construction rétrospective. Le creux de juin n’était identifiable comme tel qu’après coup, et la même méthode appliquée trois mois plus tôt aurait donné une fourchette très différente. La borne basse de 174 000 $ suppose déjà un doublement depuis les niveaux actuels.
L’historique de l’auteur mérite aussi d’être connu. Ki Young Ju avait déclaré le cycle haussier terminé en mars 2025, avant de revenir sur cette position deux mois plus tard en constatant l’ampleur des entrées via les ETF. Cette correction publique donne surtout la mesure de la difficulté de l’exercice.
La prévision CryptoQuant se distingue malgré tout d’un objectif de prix isolé. Elle décrit un régime de marché, avec des conséquences vérifiables en cours de route sur la volatilité réalisée et sur la profondeur des corrections. Un régime se teste au fil des mois, un objectif de prix ne se teste qu’une fois.
La fourchette rejoint par ailleurs d’autres horizons exprimés récemment sur des échéances plus longues, comme quand Brian Armstrong visait Bitcoin à 400 000 $ d’ici 2030. Les ordres de grandeur se recoupent davantage que les dates.
Il faut aussi rappeler ce que la fourchette suppose côté calendrier. Aucune durée n’est associée aux multiples avancés, ce qui laisse ouverte la possibilité d’une progression étalée sur deux ans plutôt que sur six mois. Un même objectif de prix ne se traite pas de la même façon selon qu’il arrive vite ou lentement, notamment pour qui utilise du levier.
Pour un portefeuille, la question pratique porte moins sur le chiffre que sur la volatilité attendue. Si CryptoQuant a raison sur l’amortissement, les phases de repli seront moins profondes et les points d’entrée moins évidents. C’est un arbitrage différent de celui des cycles précédents, où attendre une chute de 70 % faisait partie de la méthode.
Affaire à suivre sur Cryptonomic.


