Le 19 mai 2026, Emmanuel Macron s’est exprimé à la 5e conférence internationale « No Money for Terror » organisée à Paris. Le président français a formellement appelé les États à une régulation stricte des crypto-actifs pour empêcher leur usage dans le financement du terrorisme. Pour lui, laisser cet espace sans règles revient à une complicité des États dans les activités criminelles. L’intervention constitue le signal politique le plus fort qu’un chef d’État européen ait envoyé directement à l’industrie crypto.
Pour résumer
- Macron a appelé le 19 mai 2026 à réguler les crypto-actifs pour couper les financements terroristes
- Il cible la pseudonymité des transactions comme vecteur d’opacité exploité par les réseaux criminels
- Le coordinateur antiterroriste de l’UE confirme que les terroristes utilisent à la fois les cryptos et le hawala
La conférence « No Money for Terror » et l’appel à la régulation
La 5e édition de la conférence internationale « No Money for Terror » s’est tenue à Paris le 19 mai 2026. L’événement réunit des représentants gouvernementaux et des institutions internationales autour d’un objectif précis : identifier et bloquer les canaux de financement des organisations terroristes à l’échelle mondiale.
C’est dans ce cadre que Macron a prononcé une déclaration directement adressée au secteur crypto. Il a affirmé que les États ne devaient pas laisser les crypto-actifs devenir « des opportunités pour les criminels et les terroristes ». La formulation est sans ambiguïté : le sujet n’est plus traité comme une question technique, mais comme une responsabilité politique explicite.
Macron a structuré son intervention autour de trois priorités. La première concerne la régulation des crypto-actifs, en ciblant explicitement les fonctionnalités de pseudonymité qui permettent des transactions opaques. La deuxième vise à renforcer la coopération entre les dispositifs antiterroristes et ceux dédiés au crime organisé. La troisième porte sur le développement économique et la normalisation administrative des territoires récemment libérés du contrôle de groupes armés, pour empêcher tout retour.
Ce triple axe positionne la crypto comme un élément parmi d’autres dans un écosystème financier illicite plus large. Macron ne traite pas la question de façon isolée, ce qui donne à son appel une portée systémique.
Pseudonymité, opacité et la position européenne
La phrase centrale du discours de Macron est sans détour : « Si on laisse un continent émergent totalement non régulé, on sera complice d’activités terroristes. » Cette formulation place la responsabilité directement sur les États qui n’agissent pas. L’absence de règles n’est plus présentée comme une neutralité, mais comme une forme de complicité active.
Bartjan Wegter, coordinateur de la lutte antiterroriste de l’Union européenne, a apporté une nuance clé lors de la même conférence. Selon lui, les terroristes recourent à la fois aux crypto-actifs et aux méthodes financières traditionnelles, notamment le hawala, ce réseau de transfert informel très présent dans certaines régions. La crypto n’est pas le seul vecteur, mais elle fait désormais partie du tableau réglementaire prioritaire.
Cette posture européenne rejoint une tendance internationale. L’Afrique du Sud a annoncé lors de la conférence une mise à jour de sa réglementation, imposant désormais que les achats de crypto-actifs passent exclusivement par des plateformes agréées. L’alignement autour d’exigences KYC renforcées se consolide progressivement à l’échelle mondiale.
Ce que cible Macron va au-delà de la seule lutte antiterroriste. La pseudonymité permise par certains protocoles est présentée comme une faille structurelle que les régulateurs ne peuvent plus tolérer, quelle qu’en soit l’utilisation finale.
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Ce que cela signifie pour l’industrie crypto en Europe
À court terme, les déclarations de Macron vont renforcer les débats autour de l’application de MiCA en Europe. Le règlement impose déjà des obligations d’identification des clients aux prestataires de services. Cette intervention présidentielle donne une légitimité politique supplémentaire aux partisans d’une régulation encore plus stricte des actifs numériques.
Les plateformes intégrant des fonctionnalités de confidentialité avancées et les protocoles DeFi permettant des transactions non traçables sont directement dans le viseur. La pression réglementaire européenne sur ces segments risque de s’intensifier dans les prochains mois, avec une possible extension des obligations de surveillance des transactions on-chain.
À moyen terme, la convergence entre la position française, la coordination européenne et les annonces de pays comme l’Afrique du Sud dessine un consensus international en cours de formation. Si ce consensus se traduit par des obligations supplémentaires imposées aux exchanges et aux protocoles, l’espace des acteurs non conformes se rétrécira de façon significative.
Pour les investisseurs, le signal est clair : les actifs et protocoles dont le modèle repose sur la confidentialité des transactions vont faire face à une pression institutionnelle croissante en Europe. Les positions réglementaires se durciront avant de se stabiliser, et les projets qui n’anticipent pas ce virage en subiront les conséquences.
Affaire à suivre sur Cryptonomic.


