Un groupe parlementaire britannique a lancé le 21 juillet 2026 une enquête sur la débancarisation crypto, ce blocage bancaire qui empêche les sociétés du secteur d’ouvrir ou de garder un compte. La consultation, ouverte jusqu’au 31 août, vise à mesurer si les restrictions imposées par les banques sont proportionnées. Elle s’appuie sur des travaux qui chiffrent à 40 % la part des virements vers les exchanges bloqués ou retardés. En jeu, l’ambition affichée de Londres de devenir une place forte des actifs numériques.
Pour résumer
- Le groupe parlementaire crypto britannique ouvre une enquête sur la débancarisation crypto, avec des soumissions jusqu’au 31 août 2026.
- Des recherches de janvier 2026 estiment que les banques britanniques bloquent ou retardent 40 % des virements vers les plateformes.
- L’enquête compare les approches des États-Unis, de Hong Kong, de l’Australie et de l’Union européenne.
Un groupe parlementaire ouvre six semaines de consultation
L’initiative vient du Crypto and Digital Assets All-Party Parliamentary Group, un groupe transpartisan qui réunit des élus de plusieurs bords. Il est coprésidé par Lord Vaizey of Didcot, ancien ministre de l’économie numérique, et par le député travailliste Gurinder Singh Josan. Le lancement a été acté le 21 juillet 2026.
La consultation reste ouverte six semaines, jusqu’au 31 août 2026. Banques, prestataires de paiement, sociétés crypto et autres parties prenantes sont invitées à déposer des contributions écrites. Le groupe publiera ensuite ses conclusions et ses recommandations, qui n’ont pas force de loi mais nourrissent le débat réglementaire.
Le périmètre est large. L’enquête examine l’accès aux comptes et aux services, l’assurance comprise, ainsi que les plafonds de virement et les blocages de paiement appliqués par les banques. La question centrale porte sur la proportionnalité de ces mesures et sur leurs effets pour les consommateurs, la concurrence et l’innovation. Ce sont des arbitrages que d’autres juridictions ont déjà affrontés, à l’image de la mise en conformité des grandes plateformes en France sous MiCA.
Le Royaume-Uni avance sur plusieurs fronts fiscaux et réglementaires en même temps. Il a récemment choisi de repousser à 2027 son prélèvement sur la DeFi, signe que le pays cherche un cadre attractif sans effrayer les acteurs. La débancarisation crypto s’inscrit dans ce même effort de clarification, côté accès aux services financiers cette fois.
40 % des virements vers les exchanges bloqués ou retardés
Le point de départ est concret. Des recherches menées en janvier 2026 estiment que les banques britanniques bloquent ou retardent environ 40 % des virements destinés aux plateformes crypto. Pour une entreprise du secteur, un tel taux transforme chaque flux entrant ou sortant en incertitude opérationnelle.
Les griefs ne sont pas nouveaux. Depuis des années, les sociétés crypto britanniques dénoncent l’impossibilité d’ouvrir ou de conserver de façon fiable un compte professionnel. Plusieurs grandes banques, parmi lesquelles HSBC, Nationwide, NatWest, Santander et Starling Bank, ont restreint les paiements liés aux cryptomonnaies.
Le sujet dépasse les frontières britanniques. En Europe continentale, le cadre MiCA a rebattu les cartes pour les plateformes et leurs utilisateurs, au point que plusieurs millions d’Européens ont vu leur plateforme changer de règles. La comparaison entre approches nationales devient un argument de compétitivité entre places financières.
La France offre un autre point de repère. L’entrée en application de MiCA y a forcé des ajustements côté exchanges, à commencer par la mise en conformité des grandes plateformes au 1er juillet. Chaque pays teste ainsi son propre équilibre entre ouverture aux actifs numériques et contrôle du système bancaire.
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Londres regarde les États-Unis et l’Europe pour trancher
L’enquête ne se limite pas au territoire britannique. Le groupe parlementaire compte étudier les approches retenues aux États-Unis, à Hong Kong, en Australie et dans l’Union européenne, pour en tirer des leçons transposables. Cette veille comparée traduit une volonté de calibrer la réponse plutôt que de copier un modèle unique. Côté américain justement, le calendrier réglementaire sur les stablecoins montre à quel point les approches divergent d’un pays à l’autre.
La dimension politique reste centrale, y compris ailleurs en Europe. En France, le débat sur l’encadrement des cryptos s’est cristallisé quand l’exécutif a lié régulation et lutte contre les usages illicites. Les banques invoquent souvent ce risque de conformité pour justifier leurs restrictions, ce qui place l’enquête britannique au cœur d’une tension bien connue.
À court terme, la consultation n’apporte aucun soulagement immédiat aux sociétés concernées. Les blocages continueront tant que les banques n’auront pas de raison de changer leurs procédures. Le calendrier, avec des conclusions attendues après le 31 août, laisse plusieurs semaines de statu quo.
À moyen terme, l’enjeu est plus lourd. Si les recommandations poussent à encadrer les refus bancaires systématiques, le Royaume-Uni enverra un signal fort aux acteurs qui hésitent entre Londres et d’autres hubs. Dans le cas inverse, la débancarisation deviendra un handicap durable pour l’ambition britannique en matière d’actifs numériques.
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