Satsuma liquide ses 668 BTC et quitte la Bourse de Londres

Satsuma sombre comme un paquebot tandis que sa trésorerie Bitcoin de 668 BTC coule

Les actionnaires de Satsuma Technology ont voté à plus de 90 % la liquidation des 668 BTC de la société, près de 43,5 M$, et son retrait de la Bourse de Londres. Lancée il y a moins d’un an avec 218 M$ levés, la trésorerie Bitcoin britannique se referme sur une décote qui a rendu son action moins attractive que le bitcoin logé à son bilan. Le vote signe l’un des premiers démantèlements complets d’une Digital Asset Treasury cotée, et il passe outre l’avis de la majorité de son conseil. Il s’inscrit surtout dans une vague plus large de trésoreries qui vendent, remboursent ou pivotent.

Pour résumer

  • Satsuma vend ses 668 BTC (43,5 M$) et quitte Londres après un vote à plus de 90 %
  • La décote sur l’actif net a fait de l’action un véhicule moins rentable que le BTC détenu
  • Sequans, Nakamoto, Empery ou Smarter Web vendent aussi : le modèle DAT est sous tension

Satsuma solde 668 BTC et enterre un pari lancé à 218 M$

Le vote est sans appel. Plus de 90 % des actionnaires ont approuvé la cession de la totalité des 668 BTC de Satsuma, une position évaluée autour de 43,5 M$, et l’annulation de la cotation à la Bourse de Londres. Quatre des six administrateurs s’y opposaient, deux soutenaient la démarche des actionnaires, et ces derniers ont balayé la majorité du conseil.

L’histoire avait pourtant démarré fort. La société a levé 163,6 millions de livres, soit 218 M$, en août 2025, dans un tour mené par ParaFi Capital aux côtés de Pantera, Digital Currency Group et Kraken. Dans la foulée, elle recrutait Mark Moss comme Chief Bitcoin Strategist et affichait un cours proche de 14 livres par action, pour une capitalisation d’environ 66 millions de livres au sommet de juin 2025.

La suite a été une lente désintégration. Le directeur financier est parti en février 2026, le directeur général a suivi en mars. Satsuma avait déjà cédé 579 BTC en décembre 2025 pour 40 millions de livres, et son action avait perdu 99 % de sa valeur dès avril 2026. Le contraste est net avec une trésorerie comme Metaplanet qui continuait, elle, d’empiler du bitcoin pour franchir la barre des 43 000 BTC.

Le modèle que Satsuma copiait avait été popularisé par Michael Saylor, jusqu’à ce que Strategy enterre elle-même sa doctrine du « Never Sell ». Pour Satsuma, il ne reste plus qu’un calendrier de sortie. Les audiences devant la High Court sont prévues sur août et septembre 2026, le retrait de cote est attendu mi-septembre, et le versement aux actionnaires est dû pour la fin du mois, avec un retour estimé entre 26,8 et 30 millions de livres après frais de dissolution.


Satsuma
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Quand la décote sur l’actif net condamne une trésorerie Bitcoin

Le mécanisme qui a tué Satsuma est simple à énoncer. Quand la capitalisation d’une trésorerie passe durablement sous la valeur du bitcoin inscrit à son bilan, détenir l’action devient strictement moins intéressant que détenir la pièce. C’est exactement l’argument que Pantera, qui détenait environ 6,7 % du capital, a porté publiquement dès avril 2026 en poussant à la liquidation totale.

La dette a fait le reste. Les grosses structures encaissent le choc : MSTR a remboursé 1,5 milliard de dette convertible sans céder un seul bitcoin. Une petite trésorerie récemment cotée n’a pas ce luxe. Sans accès facile aux marchés de capitaux et avec un titre au tapis, la seule variable d’ajustement redevient l’actif lui-même, donc le bitcoin.

À court terme, les porteurs récupèrent des miettes. L’action se traitait à des fractions de penny avant le vote, et le retour attendu se compte en dizaines de millions de livres, très loin des 218 M$ mobilisés au départ. Toutes les trésoreries ne suivent pas cette pente : Capital B, portée par Adam Back, continuait d’acheter du BTC pour faire entrer la France dans le haut du classement.

Le cas Satsuma trace donc une ligne de partage. D’un côté, les trésoreries capables de gérer leur passif et de tenir la décote. De l’autre, les véhicules montés à la hâte pendant l’engouement de 2025, sans coussin de dette ni discipline de bilan, qui se retrouvent piégés dès que le cours et la prime se retournent en même temps.


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De Sequans à Nakamoto, le modèle DAT se fissure en série

Satsuma n’est pas un cas isolé. Sequans Communications a d’abord vendu 1 025 BTC, puis cédé près de 80 % du reste de ses réserves pour rembourser de la dette convertible, avec un projet de monétiser les 658 BTC restants. Smarter Web Company a de son côté vendu 178 BTC pour effacer un instrument de dette convertible.

Le tableau se répète ailleurs. Nakamoto, dont l’action a chuté de 99 % depuis son opération SPAC de mai 2025, a vendu environ 284 BTC pour 20 M$ de trésorerie d’exploitation, tandis que près de 70 % de ses 5 342 BTC restants sont nantis contre un prêt Kraken arrivant à échéance en décembre. Empery Digital a liquidé presque la moitié de ses bitcoins pour financer des rachats d’actions et du remboursement de dette.

Même les grands noms bougent. Strategy a récemment vendu environ 3 620 BTC tout en restant, de loin, le premier détenteur coté avec plus de 840 000 BTC. Jack Mallers a quitté la direction de Twenty One Capital, la fusion proposée par la Bitcoin Standard Treasury Company d’Adam Back a échoué, et des mineurs comme Bitdeer ou MARA vendent du bitcoin pour financer leur pivot vers l’infrastructure IA. Ce mouvement d’ensemble rappelle les dizaines de projets crypto qui ont disparu en 2026 malgré des levées confortables.

Le contexte de marché explique cette bascule. Le bitcoin évolue autour de 64 033 $, environ 50 % sous son sommet d’octobre 2025 à 126 000 $. Tant que le cours reste éloigné de ses records, la prime que le marché accordait à ces coquilles cotées s’évapore, et le modèle DAT se juge désormais au cas par cas, sur la solidité du bilan plutôt que sur la promesse d’accumulation.

Affaire à suivre sur Cryptonomic.

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