La firme japonaise Metaplanet a annoncé l’acquisition de 2 823 BTC supplémentaires pour 170,7 M$, portant sa trésorerie totale à 43 000 BTC valorisés à 2,6 Md$. L’entreprise devient officiellement le troisième plus gros holder public de bitcoin, derrière MicroStrategy et Twenty One Capital. Le programme d’options qui finance ces achats a rapporté 10,85 M$ au deuxième trimestre. L’action Metaplanet a réagi de plus 3,5 % à l’annonce.
Pour résumer
- Metaplanet achète 2 823 BTC pour 170,7 M$ et passe à 43 000 BTC de treasury (2,6 Md$).
- La firme japonaise devient le 3e plus gros holder public, derrière MicroStrategy et Twenty One Capital.
- Le programme d’options Bitcoin Income Generation a généré 10,85 M$ de revenus au Q2 FY2026.
Le troisième plus gros holder public passe la barre des 43 000 BTC
Metaplanet a confirmé l’achat de 2 823 BTC supplémentaires pour 170,7 M$, portant sa trésorerie à 43 000 BTC. À la valeur actuelle du bitcoin, cette position pèse 2,6 Md$ dans les comptes du groupe coté à Tokyo.
Ce nouveau palier place l’entreprise en troisième position mondiale parmi les entreprises publiques détenant du bitcoin, juste derrière MicroStrategy et Twenty One Capital. Le classement des corporate holders est désormais dominé par un trio dont Metaplanet est le seul acteur non américain.
L’annonce a fait grimper l’action Metaplanet de 3,5 % en séance à Tokyo, un signal que les marchés valident la stratégie d’accumulation même dans un contexte de bitcoin sous les 62 000 $. Les investisseurs semblent lire cette progression comme une confirmation de la thèse treasury, avec un dirigeant capable de continuer à empiler malgré la pression des trimestres compliqués sur les autres véhicules publics adossés au bitcoin.
Le rythme d’achat de Metaplanet a nettement ralenti par rapport aux trimestres précédents, où la firme empilait plusieurs milliers de BTC par mois. Ce ralentissement traduit une phase de consolidation, pas un abandon de la stratégie.
Le programme d’options qui finance les rachats
La particularité de Metaplanet, par rapport à ses concurrents américains, réside dans son Bitcoin Income Generation program. Cette division vend des options couvertes sur bitcoin pour générer des revenus récurrents, ensuite réinvestis dans l’accumulation d’actifs.
Au deuxième trimestre de l’exercice fiscal 2026, ce programme a rapporté 10,85 M$ de revenus. Sur le premier semestre complet, le total grimpe à 29,30 M$. Ces montants restent modestes rapportés à la valorisation totale du treasury, mais ils construisent une rente qui n’existe pas chez les concurrents purement holders.
Cette approche diffère radicalement de la doctrine américaine incarnée par Michael Saylor, qui a longtemps refusé toute mécanique de génération de rendement sur le stock détenu. Le modèle japonais ressemble davantage à une gestion active du treasury, avec des liquidités récurrentes issues du marché des dérivés, quand Strategy privilégie encore aujourd’hui une approche stricte d’accumulation sans vente.
Pour les investisseurs qui cherchent une exposition indirecte au bitcoin via des actions cotées, Metaplanet propose désormais une thèse hybride. Le titre offre à la fois l’exposition au prix du BTC (via le treasury) et un flux de revenus additionnel (via les options), ce qui pourrait justifier une prime par rapport à un simple ratio NAV.
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Trajectoire vers 100 000 BTC et pression sur les autres corporates
L’objectif officiel affiché par Metaplanet reste 100 000 BTC détenus fin 2026 et 210 000 BTC fin 2027. Au rythme actuel, l’entreprise a encore 57 000 BTC à acheter d’ici décembre pour atteindre le premier palier, soit environ 3,5 Md$ à mobiliser en six mois au prix actuel.
Ce calendrier reste ambitieux mais pas irréaliste. Metaplanet a démontré au cours des trimestres précédents sa capacité à lever du capital via des émissions d’actions et des instruments obligataires convertibles, sur un modèle proche de celui utilisé par MSTR pour financer ses achats sans vendre de BTC. Le marché japonais offre un accès à des investisseurs institutionnels encore peu exposés à la thèse bitcoin corporate.
Pour Twenty One Capital, qui occupe temporairement la deuxième position mondiale, l’arrivée de Metaplanet en troisième place agit comme un rappel de la compétition. Le marché des trésoreries publiques adossées au bitcoin ne compte plus quelques exceptions, mais un écosystème structuré avec des acteurs qui se poussent mutuellement dans les hauteurs.
À moyen terme, la question qui se pose est celle de la concentration. Si les objectifs des trois leaders (MicroStrategy, Twenty One Capital, Metaplanet) sont atteints d’ici 2027, ces trois entités détiendraient à elles seules près de 10 % de tous les bitcoins en circulation. Ce niveau de concentration change les mécaniques de liquidité et introduit un nouveau type de risque systémique pour l’écosystème, distinct des risques ETF déjà largement documentés.
La séquence des prochaines semaines sera scrutée par les analystes : Metaplanet doit maintenir son rythme sans mettre en péril sa capacité à générer des revenus via son programme d’options. Un ralentissement trop marqué de la volatilité du bitcoin pénaliserait les primes encaissées, ce qui obligerait la firme à revenir à un modèle plus classique de financement via actions.
Affaire à suivre sur Cryptonomic.


