La Corée du Sud coupe l’accès aux sites de 27 plateformes crypto non déclarées, parmi lesquelles KuCoin, MEXC, Phemex et Bitrue. La décision, annoncée le 13 octobre par la Commission des services financiers, prolonge le retrait de leurs applications des boutiques de Google et d’Apple. Les clients qui y détiennent encore des fonds passeront par une procédure de retrait encadrée.
Pour résumer
- La Corée du Sud bloque les sites de 27 plateformes crypto non déclarées, dont KuCoin et MEXC.
- Exercer sans déclaration expose à 5 ans de prison ou à 50 millions de wons d’amende.
- L’alliance des plateformes coréennes DAXA accompagnera les retraits des clients existants.
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ChatGPTLa Corée du Sud coupe l’accès à 27 sites non déclarés
La Commission des services financiers (FSC) a diffusé le 13 octobre le communiqué qui annonce le blocage de ces 27 sites en Corée du Sud. La commission de régulation des médias et des communications a validé la mesure lors de deux séances, les 6 et 7 octobre, à la demande de la cellule de renseignement financier du pays, la FIU.
Les sites visés sont tous en activité. La liste comprend KuCoin, MEXC, Phemex, Bitrue, CoinW, BTCC, BitMart, BingX et DigiFinex. Un opérateur hébergé sur le territoire verra son service résilié, et les sites hébergés à l’étranger deviendront inaccessibles depuis le pays.
Après les applications mobiles, ce sont désormais les sites web de ces plateformes qui disparaissent pour les internautes coréens. En avril 2025, la Corée du Sud avait déjà obtenu le retrait de 14 applications de l’App Store et de 17 applications de Google Play.
Google exige en outre que toute application d’exchange destinée au public coréen prouve son enregistrement auprès de la FIU. Au moins 29 des 50 principales plateformes de dérivés suivies par CoinMarketCap ont ainsi quitté Google Play dans le pays depuis le 28 janvier 2026, dont Bybit le 10 juillet et OKX le 24 juillet.
La commission chargée des normes de communication avait déjà ordonné en août le blocage de Polymarket en Corée du Sud, par le même outil du blocage d’accès.
Pourquoi la Corée du Sud vise les plateformes étrangères
Le cadre est posé par la loi sur la déclaration des transactions financières spécifiées, le texte antiblanchiment du pays. Toute plateforme qui sert des clients coréens doit obtenir la certification de sécurité ISMS et se déclarer auprès de la FIU. Un opérateur étranger tombe sous la même obligation dès qu’il cible le marché local.
Trois critères servent à le constater : un site traduit en coréen, des opérations marketing tournées vers les clients coréens, comme des événements promotionnels, et le paiement en wons. Exercer sans déclaration expose à 5 ans de prison ou à 50 millions de wons d’amende.
L’Europe a resserré son propre cadre avec MiCA, dont l’entrée en application complète en juillet a contraint 10 millions d’utilisateurs européens à migrer vers une plateforme agréée. La Corée du Sud agit pour sa part par le blocage pur et simple des opérateurs absents de son registre.
La FSC change aussi de méthode. Le régulateur bloquera désormais un site illégal dès son repérage, après examen, sans attendre qu’une victime se signale. Le communiqué rappelle que l’exercice sans déclaration constitue en lui-même une infraction.

Le texte chiffre aussi le coût pour les clients. Une enquête menée en juin 2026 par la DAXA, l’alliance des plateformes coréennes déclarées, relève chez les opérateurs illégaux des frais de transaction moyens de 1,5 % à 10 %. La moyenne des cinq plateformes coréennes en wons se situe à 0,16 %, soit un écart qui peut atteindre 62 fois.
Plusieurs noms reviennent d’une liste plus ancienne. En août 2022, la FIU signalait déjà 16 plateformes non déclarées, dont KuCoin, MEXC et CoinEx. CoinEx a annoncé en septembre la fermeture de sa plateforme après neuf ans d’activité.
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Retraits, amendes et enquêtes pour les clients en Corée du Sud
Le blocage des sites risque de compliquer les retraits des clients qui détiennent encore des fonds sur ces plateformes. La FIU le reconnaît et annonce que la DAXA guidera les procédures de retrait et de récupération des actifs, avec la coopération des opérateurs concernés.
Les plateformes déclarées sont mises à contribution. La FIU veille à ce qu’elles ne traitent avec aucun opérateur non déclaré, sous peine d’une amende pouvant atteindre 100 millions de wons par infraction. Depuis la révision d’un décret en mai 2024, la carte bancaire ne permet plus d’acheter des cryptos auprès de ces opérateurs.
La FIU transmet aussi aux enquêteurs chaque opérateur pris en faute, à partir des signalements du public et des contrôles menés avec la DAXA. Au total, 44 opérateurs illégaux ont déjà été signalés aux autorités d’enquête.
Pour les investisseurs en Corée du Sud, la prochaine échéance tombe en janvier 2027, avec l’entrée en vigueur d’une taxe crypto de 22 % sur les plus-values. La FSC attend du blocage qu’il prévienne les pertes des clients avant même qu’elles surviennent.
Affaire à suivre sur Cryptonomic.

