Un cessez-le-feu entre Washington et Téhéran a suffi à faire bouger les marchés. Le pétrole s’est effondré, les actions ont rebondi, et le bitcoin a franchi une résistance technique majeure en place depuis octobre 2025. Mais les déclarations contradictoires des deux camps rappellent que rien n’est encore signé.
Pour résumer
• Bitcoin progresse de 18,8 % depuis le début de la crise iranienne, surperformant les actions et l’or.
• Le détroit d’Ormuz a été officiellement rouvert le 17 avril, déclenchant une chute du pétrole de plus de 9 %.
• Les négociations restent fragiles, l’Iran contestant publiquement les déclarations américaines.
Ce que la trêve a déclenché sur le marchés
Le 17 avril, l’Iran a officiellement déclaré le détroit d’Ormuz ouvert, à la suite d’un cessez-le-feu au Liban remplissant l’une des conditions posées par Téhéran.
La réaction des marchés est immédiate et violente.
Le Brent chute de plus de 9 % pour s’établir à 90,38 dollars le baril. Le brut américain perd 11,4 % à 83,85 dollars. Le S&P 500 enregistre sa reprise la plus rapide depuis 1982.
Le bitcoin, lui, franchit une résistance technique surveillée depuis des mois. La ligne de tendance descendante en place depuis le pic à 126 000 dollars en octobre 2025 cède, avec un sommet intrajournalier à 78 384 dollars. Sur les 24 heures, le BTC affiche une hausse de 3,6 % et s’échange autour de 77 192 dollars au moment des faits.
Ce mouvement s’inscrit dans une dynamique plus large. Depuis le début de la crise iranienne, le bitcoin progresse de 18,8 %, tandis que les actions reculent et que l’or cède 7,4 %. Une performance qui renforce la thèse du bitcoin comme actif distinctif en période de tension géopolitique.
A voir également sur Cryptonomic FR :
- Plus de la moitié des cryptos sont déjà mortes
- Attention si vous possédez la cryptomonnaie ONDO
- Le gouvernement US a t’il perdu 40 millions en Bitcoin ?!
Bitcoin : les signaux s’accumulent
Au-delà du prix, plusieurs indicateurs internes au marché méritent attention.
Les grandes baleines, ces grands détenteurs de bitcoin qui vendaient depuis l’automne 2025, ont enregistré deux semaines consécutives d’achats nets. C’est la première fois depuis octobre dernier. Ce retournement est cohérent avec la thèse du cycle de quatre ans et suggère que la pression vendeuse structurelle est peut-être en voie d’atténuation.
Du côté des flux institutionnels, les produits d’investissement en actifs numériques ont collecté 520 millions de dollars sur la semaine, après un début de période difficile marqué par près de 400 millions de dollars de sorties. Depuis le début de l’année, les flux entrants sur les produits bitcoin atteignent environ 2,4 milliards de dollars au total. Trois semaines consécutives de collecte positive témoignent d’un regain d’appétit institutionnel.
Ethereum a également profité du mouvement, avec 203 millions de dollars d’entrées sur la semaine, repassant pour la première fois depuis le début de l’année en territoire positif sur la base annuelle.
Solana, à l’inverse, a subi des sorties notables.
Sur le plan technique, des zones de vigilance persistent. Le marché reste sous un « death cross », avec la moyenne mobile 50 jours en dessous de la 200 jours.
Le RSI à 67,7 s’approche d’une zone de surachat. La zone des 74 000 à 75 000 dollars constitue désormais le support clé à surveiller.

Une trêve fragile qui pourrait tout remettre en cause
Le problème, c’est que la réouverture du détroit d’Ormuz n’est pas aussi nette qu’elle en a l’air.
Plus de 150 tankers restent à l’ancre autour du détroit. Le trafic maritime demeure bien inférieur à la normale, qui s’établissait entre 130 et 140 navires par jour avant la guerre. Les coûts d’assurance élevés et les signaux contradictoires entre Washington et Téhéran incitent la plupart des opérateurs à rester prudents. Le blocus américain des ports liés à l’Iran est toujours en vigueur.
Côté iranien, le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a accusé Trump de formuler « sept affirmations dont les sept étaient fausses » dans une publication sur X et Telegram. Il a prévenu que si le blocus se poursuit, le détroit ne restera pas ouvert, et que tout transit suivra un itinéraire déterminé par Téhéran. Il a également réfuté catégoriquement que l’Iran ait accepté de transférer son uranium enrichi, qualifiant cette affirmation d’entièrement fausse.
Les points de divergence restent nombreux.
L’Iran souhaite un moratoire nucléaire de cinq ans, Washington en veut vingt. Le sort de plus de 400 kg d’uranium enrichi à 60 % n’est pas réglé. Et la question israélo-libanaise reste un dossier à part entière, suspendu dans l’attente.
Les marchés qui ont amorcé un rallye à l’annonce de la réouverture pourraient avoir été trop rapides. L’optimisme de vendredi repose sur une situation encore mouvante, où chaque déclaration peut inverser la dynamique en quelques heures.
Le bull run est peut-être en train de se préparer.
Mais il attendra la signature.
Affaire à suivre sur Cryptonomic.


