Plus de la moitié des cryptos sont déjà mortes

Plus de la moitié des cryptos sont déjà mortes

On a longtemps fait comme si le marché crypto grossissait proprement, projet après projet, usage après usage. Sauf qu’en coulisses, la majorité des tokens n’a pas survécu, parfois même pas quelques semaines. Et 2025 a agi comme un révélateur brutal, presque statistique, de ce que beaucoup préféraient ignorer.

  • Plus de la moitié des tokens lancés depuis 2021 ne s’échangent plus.
  • L’année 2025 concentre l’essentiel des échecs observés.
  • La facilité de création a saturé le marché, puis la liquidité a tranché.

Une hécatombe, mais surtout une mécanique

Le chiffre est violent, oui.

Mais il raconte d’abord une réalité simple : créer un token est devenu tellement facile que le marché a fini par ressembler à une autoroute sans aucune limitation, avec bien sûr trop de véhicules et pas assez de carburant pour tout le monde.

Selon une analyse basée sur des données de tokens listés sur un grand outil de suivi on chain, 53,2 % des projets observés entre 2021 et fin 2025 sont considérés comme morts, c’est à dire plus échangés du tout.

Du coup, on ne parle pas d’une poignée d’échecs anecdotiques, on parle d’une mortalité de masse pour un marché qui cherche à se stabiliser. 

Et le détail le plus parlant, c’est la répartition.

L’année 2025 concentre l’essentiel des disparitions, avec 11,6 millions de tokens considérés comme échoués sur la seule année, et un quatrième trimestre qui pèse à lui seul 7,7 millions d’échecs.

Ce n’est pas juste un mauvais timing, c’est un effet de saturation qui a fini par exploser.



Pourquoi autant de tokens disparaissent ?

La première raison tient en un mot : abondance.

Entre 2021 et 2025, le nombre de projets listés est passé d’environ 428 000 à plus de 20 millions

Forcément, ça donne le décor. 

Trop d’offres, trop peu de demande durable, et une majorité de tokens créés sans vraie raison d’exister.

Et puis il y a le rôle des usines à tokens.

Des launchpads ont rendu la création quasi instantanée, parfois en quelques minutes, avec une logique très claire : on lance, on teste, on espère, et on passe au suivant.

Forcément, dans un modèle comme ça, la mort devient banale, presque intégrée au process.

Autre point, plus brutal : la liquidité.

Quand le marché est euphorique, même des projets creux survivent un moment, parce que l’argent circule et que le risque semble gratuit.

Quand le marché se tend, la sélection devient immédiate

Les carnets d’ordre se vident, les volumes se tassent, et des milliers de tokens passent en mode fantôme sans même faire de bruit.

Enfin, il y a l’effet domino des périodes de stress.

L’analyse relie aussi l’accélération des échecs à une grande phase de turbulence sur les marchés, notamment autour d’une cascade de liquidations ayant détruit 19 milliards de $ de positions à effet de levier en 24 heures.

Dans ce genre de moment, le marché ne réfléchit plus, il coupe net. 

Et les tokens les plus fragiles sont les premiers à disparaître.


crypto

Un constat clair et sans appel

Le point clé, finalement, ce n’est pas que la crypto meurt.

C’est plutôt que le marché a changé de phase.

Aujourd’hui, être lancé ne signifie rien.

Être listé non plus d’ailleurs… 

Mais par contre, survivre devient un marqueur en soi.

Quand des millions de tokens apparaissent puis meurent, la performance globale devient trompeuse, parce que la majorité des projets ne vit pas assez longtemps pour vraiment compter. 

On observe donc un marché qui grossit en nombre, mais qui se concentre en capital, avec une minorité d’actifs qui captent l’attention, la liquidité, puis la crédibilité.

Et puis, il reste une question simple.

Si la création reste aussi facile, et si la liquidité reste aussi sélective, est ce que le prochain cycle sauvera vraiment des millions de tokens, ou est ce qu’il accélérera encore la même mécanique, à plus grande échelle.

On en reparlera sur Cryptonomic.


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