Bitcoin Oman : pool de minage d’État obligatoire

Bitcoin Oman

Le sultanat d’Oman a lancé OmanHash.om, un pool de minage Bitcoin national obligatoire pour tous les mineurs licenciés du pays. La plateforme vise 10 exahashes par seconde, soit environ 1 % du hashrate mondial. Elle est opérée par Enegix Global, sous tutelle du ministère omanais des Transports et des Communications.

Pour résumer

  • OmanHash.om devient l’unique pool autorisé pour les mineurs sous licence du sultanat
  • Cible 10 EH/s à terme, environ 1 % du hashrate global Bitcoin
  • Enegix Global déjà opérateur du pool souverain du Kazakhstan, second mandat d’État

Un pool national obligatoire et exclusif

Le décret du sultanat d’Oman ne laisse pas de marge d’interprétation. Tous les mineurs Bitcoin titulaires d’une licence dans le pays doivent désormais router leur hashrate via OmanHash.om, l’unique pool officiel reconnu par l’État. Aucun pool étranger n’est plus autorisé pour cette catégorie d’opérateurs, qu’il s’agisse d’Antpool, F2Pool, ViaBTC ou Foundry USA.

La supervision est confiée au ministère omanais des Transports, des Communications et des Technologies de l’information (MTCIT). Cette tutelle traduit un choix politique clair : le minage Bitcoin est traité comme un secteur d’infrastructure stratégique, au même titre que les télécommunications ou les ports. L’État omanais ne se contente plus de l’accueillir, il en prend la direction opérationnelle.

La capacité visée par OmanHash.om est annoncée à 10 exahashes par seconde dans la phase initiale. Rapporté au hashrate mondial actuel autour de 900 EH/s, cela représente environ 1 % de la puissance totale du réseau Bitcoin. Un pool national de cette taille devient mécaniquement un acteur visible dans la trouvaille des blocs, sans pour autant menacer la décentralisation du protocole à court terme.

Pour les mineurs présents sur le sol omanais, le calcul est posé d’avance. Soit ils acceptent l’intégration au pool national et conservent leur licence d’exploitation, soit ils partent ailleurs. Pour beaucoup, partir n’est pas une option : comme nous l’expliquions dans notre analyse sur les mineurs Bitcoin sous le coût de production, les marges du secteur sont déjà serrées et un déménagement coûte cher en CAPEX immobilisé.


Bitcoin Oman

Enegix Global et le précédent kazakh

Le choix d’Enegix Global comme opérateur technique n’est pas un hasard. La société a déjà construit et exploite btcpool.kz, le pool souverain du Kazakhstan. C’est aujourd’hui le seul opérateur au monde à avoir bâti et tenu plusieurs pools de minage Bitcoin de niveau souverain. Le mandat omanais est le deuxième de la série.

Le modèle déployé au Kazakhstan a servi de référence à Mascate. Il combine une plateforme de pool classique, une couche de liquidité pour la distribution des récompenses, et une intégration directe avec le régulateur. Ce dernier point change tout : les autorités voient en temps réel qui mine, combien, et avec quels équipements. La fiscalité et la conformité ne reposent plus sur des déclarations, elles découlent des données du pool.

L’opération est conduite localement avec Frontier Technologies, une société omanaise de blockchain. Frontech appartient à ITHCA Group, le bras d’investissement technologique du fonds souverain Oman Investment Authority. Le tour de table est donc à 100 % aligné sur l’État omanais, de l’opérateur technique au régulateur.

Pour Enegix, le mandat omanais ouvre un troisième marché potentiel par effet de démonstration. D’autres pays du Golfe et d’Asie centrale observent la mise en œuvre. Un pool souverain offre à l’État une visibilité totale sur les flux de minage et les revenus, sans avoir à interdire l’activité ni à laisser le secteur informel se développer. C’est un compromis qui se vend bien à des régulateurs prudents.


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Une stratégie économique au-delà du minage

Oman investit dans le minage Bitcoin depuis 2022. Le sultanat a déjà engagé plus de 700 millions de dollars dans des installations à grande échelle, principalement dans la zone franche de Salalah. La création d’OmanHash.om vient verrouiller la dernière brique manquante : celle du contrôle opérationnel sur le hashrate produit.

La stratégie omanaise ne s’arrête pas au minage. La même infrastructure énergétique et numérique sert à développer des datacenters dédiés à l’intelligence artificielle et au calcul haute performance (HPC). Le pays mise sur une bascule progressive : la rentabilité du minage finance les datacenters, qui captent ensuite la demande IA portée par la région du Golfe.

Pour les mineurs étrangers, l’argument commercial déployé par les autorités est explicite. Selon le directeur commercial d’Enegix Global, OmanHash.om offre aux opérateurs un cadre d’autorisation clair, une protection contre la fiscalité erratique, et une communication directe avec le régulateur. Trois éléments rares dans un secteur où les changements de doctrine politique peuvent ruiner un investissement matériel en quelques mois.

À court terme, l’effet pour le marché Bitcoin est neutre. Le hashrate omanais existait déjà, il était simplement réparti entre pools internationaux. Il se concentre désormais sur un seul pool national, mais reste actif. À moyen terme, la question politique pèsera plus lourd : combien d’autres États du Golfe ou d’Asie centrale vont copier le modèle omanais ? Si trois ou quatre suivent, la carte des pools Bitcoin se redessinera autour d’opérateurs souverains, et la décentralisation perdra un terrain.

Affaire à suivre sur Cryptonomic.

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