Elon Musk estime que les cryptos sont des arnaques

Elon Musk estime que les cryptos sont des arnaques

Le 30 avril 2026, Elon Musk dépose devant un jury à Oakland dans le cadre de son procès contre OpenAI. Interrogé sur un projet d’ICO avorté en 2018, il lâche une phrase qui fait immédiatement le tour du secteur : « Certains d’entre eux ont de la valeur, mais la plupart sont des arnaques. » La déclaration tranche avec des années de soutien public à l’industrie crypto.

Pour résumer

  • Musk a déclaré devant un jury que « la plupart des cryptos sont des arnaques », dans le cadre de son procès contre OpenAI.
  • Tesla conserve encore 11 509 BTC malgré la vente de 75% de ses réserves en 2022.
  • Au même moment, X déployait les Cashtags, un outil de trading crypto intégré à la plateforme.

« La plupart sont des arnaques »

La phrase sort dans un contexte juridique précis.

Elon Musk est à la barre dans son procès civil contre OpenAI, l’organisation qu’il a cofondée en 2015 et qu’il accuse d’avoir trahi sa mission initiale en s’associant à Microsoft et en développant des produits commerciaux. Lors de sa déposition, un avocat l’interroge sur un épisode de 2018 : la proposition de Sam Altman de lever des fonds via une initial coin offering.

Musk avait à l’époque rejeté l’idée sans ambiguïté, estimant que cela « entraînerait tout simplement une énorme perte de crédibilité pour OpenAI et toutes les personnes associées à l’ICO. » 

C’est dans ce contexte qu’il prononce la phrase rapportée par le journaliste du New York Times Mike Isaac : « Certains d’entre eux ont de la valeur, mais la plupart sont des arnaques. »

OpenAI conteste la version des faits et affirme que Musk soutenait le projet d’ICO, lequel aurait nécessité la création d’une filiale à but lucratif. Le procès devant le jury est prévu pour durer environ trois semaines.


Elon Musk

Un revirement qui a une histoire

Cette déclaration ne sort pas de nulle part. Elle s’inscrit dans une évolution progressive et documentée.

Entre 2020 et 2021, Musk est l’un des soutiens publics les plus influents de la crypto. Ses tweets sur le Dogecoin propulsent le meme coin vers de nouveaux sommets à plusieurs reprises. Tesla acquiert 1,5 milliard de dollars de Bitcoin en 2021, l’un des premiers investissements institutionnels de cette ampleur inscrit au bilan d’une grande entreprise cotée. Musk confirme également détenir personnellement du Bitcoin, de l’Ethereum et du Dogecoin.

Le tournant intervient en 2022. Tesla vend environ 75% de ses réserves de Bitcoin, sans explication publique détaillée. La position n’est pas totalement liquidée : au premier trimestre 2026, la société conserve encore 11 509 BTC, valorisés à 879 millions de dollars, après une dépréciation comptable de 222 millions de dollars.

Depuis, les prises de position publiques de Musk sur la crypto sont devenues plus rares et plus ambivalentes. Sa déclaration devant le jury d’Oakland est la plus directe de ces dernières années.


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X lance les Cashtags au même moment

La contradiction est difficile à ignorer.

Le jour même où Musk qualifie la plupart des cryptos d’arnaques devant un tribunal, sa plateforme X déploie les Cashtags. Nikita Bier, responsable produit chez X, annonce la fonctionnalité : les $tickers des actions et des cryptomonnaies se transforment en graphiques cliquables en temps réel, accompagnés de fils de posts dédiés à chaque actif.

L’outil est présenté comme un moyen de positionner X en tant que terminal de trading central. Des mécanismes anti-arnaques sont intégrés : vérification des adresses de smart contract, verrouillage des comptes de nouveaux posteurs crypto. L’objectif affiché est de filtrer les jetons frauduleux avant qu’ils n’atteignent les utilisateurs.

Ce déploiement s’inscrit dans une stratégie financière plus large de X, qui comprend également des fonctionnalités de paiement et de trading en phase pilote.

La distinction est donc la suivante. Musk estime que la plupart des cryptos sont des arnaques. Mais X construit un outil pour en faciliter le trading, avec des filtres pour protéger les utilisateurs des mauvais acteurs. 

Ce sont deux positions qui ne se contredisent pas nécessairement, à condition d’accepter que l’outil soit conçu précisément pour séparer le bon grain de l’ivraie.

Affaire à suivre sur Cryptonomic.

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